Défi J48/100 Les TOC, Troubles Obsessionnels Compulsifs du surdoué !

TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs

Temps de lecture estimé : entre 11 et 18 minutes.

L’article du jour portera sur les TOC du surdoué, les Troubles Obsessionnels Compulsifs. Hier je lisais le livre “Moi, surdoué(e) ?!” du psychothérapeute Hervé Magnin, édition Jouvence. Et je suis tombé sur un passage qui abordait les stratégies de distraction que le surdoué a mis intuitivement en place pour éviter de trop penser. Alors vraie pathologie chez le surdoué ou stratégies de fuite pour penser moins et pour réduire l’anxiété. Je vais aussi faire un point sur mes TIC Troubles Involontaires Convulsifs, c’est assez proche des TOC. Bonjour et bienvenue sur mon blog surdoué ou pas surdoué. Je suis surdoué non testé et chaque jour je découvre une pépite sur la surdouance et je me connais un peu plus.

 

1- Petite définition des TOC, Troubles Obsessionnels Compulsifs !

  • C’est un trouble mental,
  • fait d’avoir des obsessions, pensées surgissantes, intrusives et obsessionnelles, dérangeantes, inappropriées, produisant un malaise,
  • et d’avoir des compulsions, des comportements répétitifs et ritualisés,
  • les obsessions (pensées) et les compulsions (comportements) vont souvent de pair, mais pas toujours,
  • y accéder a pour effet de soulagement, diminuer l’anxiété, une tension,
  • paradoxalement peut entraîner plus d’anxiété et d’énervement,
  • irrationnel, irrépressible, envahissant dont on ne peut s’empêcher, sinon avec efforts et contrôle,
  • entraîne une interférence plus ou moins importante avec les activités de la vie quotidienne, voire un handicap (détresse, relationnel, perte de temps …),
  • les TOC sont parfois associés à une intelligence supérieure à la moyenne,
  • 2 à 3 % d’adultes concernés, 2 à 4 % chez les enfants et les adolescents,
  • ces troubles peuvent survenir dès l’enfance,
  • et se focalisent sur des thèmes bien précis,
  • il y a plusieurs niveaux d’intensité.

Quelques obsessions entraînant des compulsions !

  • L’obsession de saleté et de contamination, entraînant la compulsion de lavage (excès de lavage des mains, trop de toilette, de nettoyage, de ménage, utilisation excessive de produits). Stratégie d’évitement (contacts physiques avec des personnes, des objets, des lieux). peut imposer ses règles aux autres.
  • Obsession de l’oubli et de l’erreur, entraînant la compulsion de vérification. La personne en étant atteinte, vérifie plusieurs fois ses pensées et ce qu’elle fait (gaz éteint, porte fermée à clé, si rien oublié, peur de dire ou faire quelque chose pouvant provoquer une catastrophe, des conséquences négatives).
  • L’obsession de l’ordre ou la peur obsessionnelle du désordre, provoquant la compulsion du rangement (ranger à outrance et dans un certain ordre (par taille ou couleur ou famille), à un emplacement précis).
  • La peur de jeter des choses qui pourraient servir entraînant la compulsion d’accumulation. La personne ne jette rien par peur de manquer (objets et détritus sans intérêt, choses récupérées).
  • Obsession du corps et compulsion de camouflage. La personne a l’impression d’avoir un gros défaut physique et focalise ses pensées dessus au point de passer son temps à vérifier dans un miroir et à camoufler cette partie.
  • Les obsessions liées à la transgression entraînant la compulsion de conjuration (prières, poser des questions à son entourage pour se rassurer). Par rapport à des pensées de violence, de sexualité, de blasphème, sacrilège. Avec la crainte de passer à l’action, la peur de perdre le contrôle de soi, ce qui s’appelle phobie d’impulsion.
  • Peur de nuire à autrui, d’être responsable de catastrophes, accidents, mort d’autrui …

Ce qu’entraînent en plus les TOC chez les sujets !

  • devoir cacher ses pensées par peur d’être pris pour un malade, un fou ou un pervers,
  • un sentiment de honte,
  • un sentiment de culpabilité d’avoir de telles pensées,
  • une perte de temps et d’énergie à lutter contre pensées et gestes compulsifs,
  • l’enfermement sur soi-même,
  • une désociabilisation, par le sujet lui-même ou par les autres,
  • jusqu’à la dépression nerveuse.

J’arrête de me documenter ici !

Je décide de m’arrêter là dans le développement de l’information sur les TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs. En effet je me rends compte que ce sujet est très vaste et je n’ai pas le temps de tout explorer, même si je trouve cela très intéressant. Je pense en avoir assez lu pour voir en quoi cela résonne en moi et impacte ma vie. Ça à l’air d’être lourd à porter comme maladie mentale. Par contre, j’ai bien peur d’être concerné en plusieurs points, mais de quelle façon et à quel point ? Et dans quelle mesure un surdoué peut-il y être sujet ? Personnellement je ne me sens pas spécialement gêné dans ma vie quotidienne, mais ce que j’ai lu dans le livre “Moi, surdoué(e) ?!”, du psychothérapeute Hervé Magnin, m’a mis la puce à l’oreille ou le doute en tête. Je ne peux m’empêcher d’y repenser et de me poser des questions.

 

2- Les TIC ou Troubles Involontaires Convulsifs !

Mais je ne me vois pas avoir des TOC, je ne me sens pas spécialement atteint par cette pathologie mentale. Je pense plutôt que ce sont des stratégies, des habitudes que j’ai mises en place et que j’ai prises, effectivement pour arrêter de trop penser et réduire mon angoisse. Et cela m’a fait me souvenir que mon père me parlait de mes TIC et que des professeurs les avaient aussi remarqués. Donc les TIC sont des petites habitudes involontaire, bizarres et parfois gênantes, déclenchées par le stress, la fatigue ou l’ennui.

Liste de mes TIC ou Troubles Involontaires Convulsifs !

J’ai eu beaucoup de TIC à partir de mon adolescence. Quand j’en avais fini avec un parce que je luttais contre pour qu’il disparaisse, un autre TIC s’installait.

Mon premier TIC !

Il semblerait que mon premier TIC physique soit clairement apparu vers l’âge de 11 ans, après notre arrivé en France depuis la Nouvelle-Calédonie. Un jour, mon instituteur de CM2 en parla à mon père. J’avais pris l’habitude de battre l’air de mes mains en gardant les coudes le long de mon corps, comme un oiseau. Quand mon père me l’a dit, je lui ai répondu que c’était pour sécher mes mains qui étaient moites. Ce qui était vrai, mais peut-être le faisais-je pour d’autres raisons ? Il se peut que j’en aie eu avant, mais là comme ça, je ne m’en souviens plus, ça me reviendra sûrement.

Un TIC de langage !

Depuis mon adolescence où ça me gênait beaucoup car je devais le faire plusieurs fois par minute, jusqu’à aujourd’hui où je le fais dans des moments de stress de temps en temps. Je fais un bruit de claquement guttural avec ma gorge, je n’arrive pas à le décrire. C’est en lien avec ma respiration, la déglutition de ma salive. J’ai rencontré des personnes qui avaient le même TIC et je trouvais ça super bizarre. Du coup, j’ai bien travaillé dessus pour ne plus le faire. Mais ça me démange de le faire. Par exemple, en ce moment même où j’écris cet article, je l’ai fait plusieurs fois pour l’étudier mais je sens que je ne peux plus m’en débarrasser. Je suis obligé de me contrôler pour l’arrêter.

Un TIC avec ma bouche !

Je ressens le besoin de serrer fort mes mâchoires, je ne sais pas pourquoi, mais il faut que je le fasse, ça me démange de le faire et ça énerve mes mâchoires, si je ne le fais pas. J’ai comme des démangeaisons électriques sur mes gencives et à l’intérieur de mes mâchoires. Je ne sais pas si ce sont des névralgies, légères alors.

Mon TIC avec mes yeux !

Depuis mon adolescence je suis myope et j’ai porté des lunettes pour corriger ma vue jusqu’à mon opération des yeux en 2003. Je ne sais pas si ça un lien avec mon TIC des yeux. Mon TIC consistait à ouvrir mes yeux de manière à ce que mes paupières se déroulent d’une certaine façon. Je le faisais parce que mes lunettes sur mon nez, mes oreilles et sur mes sourcils me gênaient. Aujourd’hui, si je porte des lunettes de soleil, je reprends automatiquement ce TIC. Je ne sais pas si c’est pour cette raison, mais je ne veux plus porter de lunettes, ni de soleil ou très rarement, ni de vue. Pourtant, j’en aurais bien besoin car mon opération au laser pour corriger ma myopie n’a pas correctement fonctionné.

 

3- Mes TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs du surdoué !

Et je commence à voir l’ampleur des dégâts chez moi !

Dans son livre, Hervé Magnin dit que dans des moments d’angoisse chez l’enfant, il est possible de voir apparaître des TOC de comptage, de vérification. Ce qui permet à l’enfant de canaliser sa pensée en l’orientant vers une activité mentale apparemment ludique mais répétitive. Et ça m’a tout de suite fait penser à moi. Ce passage dans ce livre a donc été le point de départ de cet article. Alors commençons tout de suite par ce fameux TOC de comptage.

 

Mon TOC de comptage !

Je ne sais pas depuis quand ça remonte chez moi, sûrement depuis toujours. Comment ça se traduit pour moi ? Et bien quand je me retrouve dans un lieu, comme tout surdoué, je regarde de partout. Par contre je compte automatiquement les objets, les séries, les personnes et tous les détails de tout ça. Est-ce une façon de me rassurer ? Souvent dans un rayon dans un magasin, je compte le nombre de produits sur une étagère et je le multiplie par le nombre d’étagères, cela me donne le nombre de produits en façade. Puis j’évalue le nombre de produits en profondeur qu’il y a ou qu’il pourrait y avoir. Après je peux le faire pour tous les rayons du magasin. Je dis cela car j’ai travaillé dans des magasins pendant 4 ans.

Suite TOC comptage !

Comme je suis artiste peintre, je visite des galeries d’art, j’évalue rapidement le nombre de tableaux. Et en faisant le tour de la galerie, je vois les tableaux vendus et leur prix, du coup à la fin, je connais le montant des ventes pour l’exposition jusqu’à ce jour. Je compte très souvent pour ne pas dire tout le temps. Avec ma formation et mon expérience d’architecte, je suis habitué à compter tout ce qui concerne un bâtiment. Sans avoir d’instrument de mesure sur moi, j’évalue les différentes surfaces et la surface totale des lieux que je visite. Je pense aussi à la valeur immobilière et locative. Puis des possibilités de travaux afin d’optimiser les surfaces et en tirer un meilleur prix. Déformation professionnelle ?

Je mesure continuellement !

J’ai l’impression d’avoir un mètre dans ma tête. Quand je suis dans une pièce, je cherche un élément qui se répète (carrelage, faux-plafond, quadrillage …). J’évalue les dimensions de la plus petite unité, je compte le nombre d’unités en long et en large, puis au total. Ce qui me donne la surface et le nombre d’éléments, le volume, les dimensions. Je me rappelle que déjà tout petit, je faisais ça dans les wc, en attendant la fin des opérations. Et je le fais toujours. Ça me faisait patienter. Je regardais aussi les tâches et les motifs sur les carreaux, puis je comparais les carreaux.

 

TOC de vision en trois dimensions !

Penser à ce carrelage dans les wc de notre maison en Nouvelle-Calédonie, vient de me faire penser, qu’une fois arrivé en France, pour trouver le sommeil le soir, je me remémorais en 3D mon trajet de l’école à la maison quand nous vivions sur notre île dans l’Océan Pacifique. Peut-être que ça calmait mes angoisses nocturnes. J’en ai récemment parlé avec un surdoué, de cette vision en 3D que j’ai de tout. Des objets, des personnes, d’un lieu de vie, d’un bâtiment, d’une ville. J’arrive à avoir une représentation mentale, d’une quantité phénoménale de choses. Une grande mémoire visuelle en 3D. Alors TOC ou fonctionnement de cerveau du surdoué ?

 

Mes phobies du noir, de la nuit !

J’ai toujours eu une peur irraisonnée du noir, de la nuit, encore aujourd’hui je dois me parler pour me convaincre que tout va bien, qu’il n’y a pas de monstres et de fantômes. Que je ne vais pas finir englouti dans le néant. Bizarre de penser à des choses qui n’existent pas alors que je suis assez intelligent pour démonter ces théories. Je crois que ça remonte aux histoires que l’on m’a racontées dans mon enfance en Nouvelle-Calédonie.

 

Encore TOC de comptage et mon rapport avec l’argent !

Je crois que mon rapport à l’argent n’est pas simple, j’aime et j’aime pas, j’en veux mais je n’en veux pas. Bref. Je passe beaucoup de temps dans mes comptes personnels. Je calcule assez rapidement le prix des choses, nourriture au kilo, objets à l’usage suivant la durée. Et ensuite, valeur mensuelle en fonction de la durée de vie possible des objets. Je ramène tout à des unités de mesure comparables. C’est aussi une façon pour moi de me décider, si oui ou non ça vaut le coup d’acheter. Je me suis fixé des seuils de prix très bas en fonction de mes revenus aussi très bas. Mais ça me pose problème, j’ai l’impression de ne pas me faire plaisir à tout compter et de tout ramener à des chiffres ou de l’argent.

TOC de partage égal !

Ah ben voilà, j’ai trouvé un TOC qui remonte à mon enfance, d’ailleurs j’en ai déjà parlé dans un article sur mes troubles du comportement alimentaire. Donc, je me rappelle très bien qu’étant petit je “jardinais” dans mon assiette. En fait je découpais toute ma nourriture au début du repas de façon à avoir un nombre égal de morceaux de chaque aliment et de taille équivalente. Afin d’avoir des bouchées équilibrées. Je découpais intuitivement et en général sans faire vraiment attention, je tombais sur le même nombre de morceaux. Et à la fin de mon assiette, j’étais satisfait de moi, d’être tombé sur le nombre égal de viande, de légumes ou de portions d’autre chose. Ça me l’a particulièrement fait pendant mon adolescence.

 

TOC de vérification 1 !

Je distingue deux types de TOC de vérification pour ma part. Le premier qui consistait pour moi à vérifier trois fois, en étant très concentré, si j’avais bien fermé la porte d’entrée de mon appartement en partant au travail. Je remontais même à ma porte. Ça me l’a fait quand j’ai loué mon premier et mon deuxième appartement. Je le faisais d’autant plus qu’il m’était arrivé plusieurs fois d’oublier de la fermer à clé. Comme je pense à plusieurs choses en même temps, j’oublie des choses toutes simples. Pareil, toujours en partant au travail le matin, je comptais 1 (mes clés), 2 (mon portefeuille) et 3 (mon téléphone portable), en tapant dessus pour être bien sûr de tout avoir sur moi. Là aussi, je les oubliais parfois. Aujourd’hui, je ne le fais plus, j’essaie juste d’être conscient et concentré quand je pars de chez moi.

TOC de vérification 2 ou TOC de comparaison !

Et le deuxième type de TOC de vérification serait un TOC de comparaison. Vous voyez les dessins-jeux des sept différences. Quand j’étais tout petit, j’adorais y jouer et trouver le plus rapidement possibles toutes les différences. Et bien je fais ça plusieurs fois par jour dans ma vie quotidienne, je cherche ce qui ne va pas.

Mes TOC au service de mon travail !

Au travail par exemple, j’étais un peu payé pour ça, dans mon métier d’architecte à vérifier les plans des autres, les documents écrits. Dans mon précédent poste de responsable de magasin, ma direction me demandait de vérifier beaucoup d’éléments et le travail de mes collègues. Au début cela me convenait, mais au bout d’un moment je me suis ennuyé, je me suis rendu compte que de passer derrière les autres est contre-productif, pas très humain comme type de management, même en étant diplomate comme je l’ai été pour que cela soit supportable pour moi et pour mes collègues. J’ai aussi compris que cela n’avait plus aucun sens pour moi.

TOC de symétrie et de complétude !

J’ai fait des études d’architecture et j’ai été architecte pendant 15 ans. Pour un architecte la symétrie est une figure de style très importante. Je crois aussi que j’ai fait ces études et ce métier par souci de perfection et de contrôle de l’environnement de l’homme, de mon environnement. Pouvoir dessiner, projeter la perfection, mon idéal. De nombreux architectes sont fondus de symétrie (par rapport à un axe, un plan, un centre). Et il leur est difficile de rompre la symétrie, au risque de créer un déséquilibre, une dysharmonie, de la laideur. Ça les rendrait malades. J’ai la symétrie dans la peau. Et si je dois faire autrement, cela me demande une bonne dose de lâcher prise.

TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs
TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs !

TOC de lecture !

Tout s’enchaîne dans mon esprit, les thèmes se présentent pour que j’en parle dans cet article. Ça à l’air un peu tiré par les cheveux, j’ai l’impression que je vois des problèmes partout, où il n’y en a peut-être pas, que je cherche la petite bête. Mais voilà que je me rends compte que j’ai peut-être un TOC de lecture depuis toujours. Quand j’étais petit j’avais des problèmes de lecture et mon père me disait que je ne savais pas bien lire et écrire. Je pense avoir rattrapé mon retard pendant mon adolescence. Comment cela se traduit chez moi ? Je ne pouvais m’empêcher de lire tout ce qui passait sous mes yeux (publicité, packaging d’un produit, étiquettes, panneaux, couvertures de livres et magazines, enseignes …) et partout (chez moi, dehors, au travail, dans un magasin, une librairie …).

Bonus du surdoué !

Je me rappelle qu’au lycée lors d’un cours de français, je me suis retourné vers une copine assise derrière moi et j’ai découvert que je pouvais lire son livre, à l’envers. Tous les deux nous nous sommes amusés à lire à l’envers. Je pense qu’elle est surdouée cette fille. Pour elle ça semblait normal. Mais maintenant que je pense qu’elle est sûrement surdouée, cela paraît normal qu’elle ait trouvé ça normal de savoir lire vite à l’envers. Bon si je tourne un texte de façon à le lire de bas en haut ou de haut en bas ou en biais, ça marche aussi, j’arrive à lire un texte dans tous les sens. Pas besoin de mettre à l’endroit un texte pour le lire. Je me demande si tout le monde peut faire pareil, ou seulement une partie de la population.

Extra bonus, découverte du soir !

Surprise du soir, je viens d’avoir l’idée d’essayer de lire un livre en regardant son reflet dans un miroir. Ça marche aussi du premier coup, je suis capable de lire un texte dans un miroir, écrit à l’envers de droite à gauche. Est-ce que tout le monde peut le faire du premier coup ? Ou avec de l’entraînement ? Trop bien en tout cas, j’adore, promis je lis un livre en entier comme ça la prochaine fois et vous fais un résumé à l’envers.

TOC de vérification orthographique !

Vous voyez comment tous mes paragraphes s’enchaînent bien ? Pas besoin de faire un plan, ça se déroule tout seul au fil de l’écriture. Donc je reprends, après mon TOC de lecture, je me demande si je n’aurais pas aussi un TOC de vérification orthographique. Ne vous moquez pas, ça existe. J’ai l’impression que les fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison … des autres me sautent au yeux. En jetant juste un coup d’oeil à un document, mes yeux se posent sur les fautes par hasard. Le hasard fait toujours bien les choses pour moi. Là aussi quand je lis de façon automatique et compulsive, je traque les erreurs. Mea culpa si vous trouvez des fautes dans mes articles, j’ai décidé de ne pas être parfait et de ne vérifier qu’en un passage.

 

Mon obsession pour la propreté !

Quand j’étais adolescent, mon entourage me considérait comme maniaque. Tout ce que je mangeais devait être nettoyé. J’avais horreur des poussières ou des cheveux dans mon assiette. C’était un drame à l’intérieur de moi, ça me dégoûtait, mais je ne le disais pas comme ça. Je signalais juste un cheveu. Je me lavais les mains trop souvent et en hiver j’avais toujours les mains sèches et crevassées malgré les crèmes pour les mains. Quand je travaillais en magasin, cela m’est à nouveau arrivé, j’avais toujours les mains sales, noires. Entre le nettoyage, la manipulation des centaines de produits, les fruits et légumes, les étagères, aller aux toilettes … Je suis content je retrouve mes mains pour le premier hiver en ne travaillant plus là-bas.

Mon obsession de l’ordre, du rangement et de l’organisation !

Vous verriez mon appartement. Plusieurs d’entre vous le connaissent. Rien ne dépasse, n’est de trop. Plutôt zen, mes seuls meubles sont deux tables, des chaises et sièges, un canapé. J’ai aménagé sur mesure des rangements intégrés dans l’architecture intérieure. Les seules choses que j’aie en grande quantité sont des livres. J’ai très peu d’affaires et chaque chose a sa place. Quand quelqu’un en déplace une, je la remets à sa place (la personne et l’objet). J’ai changé ce comportement depuis quelques mois pour me faciliter la vie quotidienne. En même temps je suis toujours ouvert aux suggestions permettant d’améliorer ce qui est.

Mon ancienne peur de jeter !

Je n’ai pas toujours vécu dans un lieu de vie zen. Quand j’étais jeune adulte j’ai accumulé beaucoup d’affaires que j’achetais à bas prix et que je récupérais par horreur de jeter. Puis suite à une forte déception amoureuse, j’avais décidé de presque tout donner, ce que j’ai fait, il ne me restait plus grand chose, sinon le strict minimum pour vivre. J’ai surpris mon entourage. D’autre part, comme je suis artiste peintre, pour mes œuvres j’ai parfois tendance à récupérer n’importe quoi. Plusieurs fois par an, je suis obligé de jeter tous ces détritus. C’est un travail de chaque instant pour ne pas garder, accumuler, entreposer et oublier jusqu’à obturer, bloquer.

Obsession du corps et compulsion de mise en valeur !

A mon adolescence et à l’âge de jeune adulte, jusqu’à mes 40 ans, je n’aimais pas mon physique maigre (50 kg), ma petite taille (je mesure 1,63m), mon visage et surtout mon nez et mon menton. Je les voyais déformés, pas harmonieux. Au point que je voulais faire appel à la chirurgie esthétique pour remédier à tout ça. Je ne l’ai pas fait. Etant myope, je me suis fait opérer des yeux pour corriger ma myopie et je ne porte plus de lunettes. Ça a changé ma vie et mon rapport à moi et mon visage. Aujourd’hui, je me trouve bien, mignon, beau, pas tous les jours mais suffisamment souvent, c’est essentiel pour m’aimer.

Je travaille mon physique !

Quand à mon corps filiforme, je fais de la musculation plusieurs fois par semaine (streetworkout, sport en plein air, je travaille en poids du corps) et j’ai gagné 5 kg de muscles en deux ans. J’ai dû travailler mon régime alimentaire pour avoir un ventre plat et pas cette bouée tout le tour du ventre que je commençais à avoir. Tout le monde autour de moi dit qu’avec l’âge, forcément on prend du poids. Je ne veux pas que ça se passe comme ça pour moi. Loin d’être fataliste comme eux. Je veux contrôler mon corps et je crois que c’est possible. J’espère qu’à 50 ans j’aurai toujours ce physique de rêve que je commence juste à avoir à la quarantaine. Dire que je n’en ai même pas profité entre 20 et 40 ans, c’est à partir de 43 ans que j’ai un physique avantageux. Je travaille mon physique de l’intérieur avec mon programme alimentaire et de l’extérieur avec mon programme sportif.

 

Mes obsessions de transgression (crime) !

Pas facile d’écrire ouvertement, c’est assez délicat pour moi car je vais parler de choses que l’on n’avoue en général pas, de peur de se faire enfermer dans un asile de fou ou dans la cellule d’une prison. Autrefois quand j’étais dans une cuisine et qu’une personne me tournait le dos, je ne sais pas pourquoi j’avais des images de moi prenant un couteau et le plantant dans le dos de la personneÇa me bouleversait et je me disais que je n’allais pas bien. Je pensais à tout l’amour de cet te personne, la valeur d’une vie et la tristesse occasionnée. Me demandais si j’étais normal. Je vous rassure, je ne l’ai jamais fait. Mais quand je me retrouve encore aujourd’hui dans cette situation, je repense à ce moment-là de ma vie où je pensais à ça.

Une autre de mes obsessions de transgression (crime) !

Depuis que je sais qu’une amie de ma famille s’est fait assassiner par un sdf qu’elle hébergeait, chaque fois que je suis dans la même situation j’y pense. Je vous décris un peu le crime. Le sdf a cogné la tête de cette dame jusqu’à la mort sur le rebord de son lavabo et lui a volé toutes ses affaires précieuses. Du coup quand je me retrouve la tête près du robinet du lavabo dans une salle de bains avec une autre personne, ou inversement avec la personne, je pense que ce serait possible et je me sens mal. Je crois que je préfère être seul dans ma salle de bains maintenant. C’est bon, je ne vous fais pas trop peur.

 

Mes obsessions de transgression sexuelle !

Cela me l’a fait pendant de très nombreuses années, mes années de dépendances affective et sexuelle. Beaucoup moins souvent désormais. Alors en fait, quand je parlais à une personne (famille, amis, collègues, n’importe qui, inconnus), j’imaginais cette personne nue avoir des relations sexuelles dans son couple et aussi avec moi. Que ce soit homme ou femme, de mon âge ou vieux, que ça me plaise ou ça me dégoûte, je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser.

Ma peur des contacts physiques !

De voir la sexualité de ces gens me troublait énormément dans mes relations et je me tenais éloigné d’eux. Je craignais les contacts physiques et je détestais les ambiguïtés car je ne savais plus où me mettre. Et Dieu sait combien j’aurais voulu être chaleureux, épanoui, à l’aise avec mon corps et les gens. J’avais l’impression que les autres avaient le droit à la sexualité mais pas moi. Et aussi l’impression que je transformais les autres en objet sexuel et ne les voyais pas en tant qu’humains. Ils finissaient par me dégoûter. Vous comprenez que c’est difficile à dire tout ça, surtout quand c’est encore vivant en moi. Une fois passé, c’est plus facile d’en parler avec détachement.

 

Ma peur de nuire à autrui, de faire du mal !

Tout cela rejoint une de mes grandes peurs d’être responsable de catastrophe, accident, de la mort d’autrui, de faire du mal à quelqu’un. Peur de casser quelque chose, de mal faire, de faire de travers. Un manque d’estime et de confiance en moi ? A cause de cela, je ne faisais rien. Trop peur. Je préférais ne pas décider et ne pas m’investir dans ma vie et intervenir. Pourtant l’envie ne me manquait pas. Combien de fois j’ai voulu passer à l’action et me suis senti malheureux de rester planté là et stagner dans ma vie. En fait j’attendais que ce soit les autres qui bougent pour moi et en ma direction. En parallèle, quand il y avait un accident, de la casse, je ressentais très fort que c’était de ma faute, même si je n’avais rien à y voir.

 

4- Mon état d’esprit et mon niveau de bien-être !

J’allais oublier de parler de ce point important. Pourquoi j’ai eu tous ces problèmes psychologiques ? Je pense que c’était un cercle vicieux sans fin, une spirale descendante, dont je n’avais pas conscience et je ne savais pas comment faire pour m’en sortir. Pour bien voir mon contexte, je vais vous dresser mon état psychologique d’alors. Manque d’estime, pas confiance en moi, je doutais beaucoup de moi, mes idées, mes capacités. Je ne m’aimais pas, je détestais tout en moi, je voulais être un autre, différent, cerveau, tête, corps, visage, histoire, famille, amis, ma vie tout entière. Je mettais les autres sur un pied d’estale car je voyais leur assurance, j’étais aveuglé par mon misérabilisme et leur stabilité. Leur remettant mon pouvoir entre leurs mains. Je déprimais tout le temps sauf dans des moments de joie liés à mes passions. Timide, nul en relations humaines. Mais bon à l’école.

Je suis resté seul avec tout ça !

Quand je pense à toutes ces années où je suis resté seul avec tout ça, à ne rien dire. Que pouvais-je dire ? Puisque je n’en étais pas conscient de la moitié. Je n’avais pas le recul que j’ai aujourd’hui pour m’en rendre compte et chercher des solutions. Et puis Internet n’existait pas. J’ai dû commencer à consulter un psychologue à l’âge de 20 ans. Ça n’a rien donné. J’étais confus, perdu. Incapable de mettre des mots sur ce que je vivais, ressentais. Etant en plein marasme. De plus on ne savait pas grand chose sur la surdouance, il y avait peu de documentations sur ce sujet.

TOC ou perfectionnisme ?

Le perfectionnisme, c’est le fait de croire et faire en sorte que la perfection peut et doit être atteinte. Elle est considérée en psychologie comme une pathologie, dans le cas extrême où l’imperfection est inacceptable. Je suis perfectionniste mais pas à ce point-là. Je l’ai été alors que je ne le savais pas et à partir du moment où j’ai su que ça s’appelait de la perfection et que ce n’était pas nécessaire dans la plupart des cas, j’ai arrêté de dépenser mon énergie à être parfait. J’ai tendance à vouloir être parfait ou à faire les choses parfaitement. Mais depuis quelques mois, j’arrive enfin à lâcher prise là-dessus.

Ça fait beaucoup de problèmes quand même !

Vous ne trouvez pas que je me suis créé beaucoup de problèmes ? Une fois listés dans cet article, ça fait un gros paquet que je me suis coltiné sur le dos et dans la tête jusqu’à plus de 40 ans. C’est lourd, je comprends pourquoi je ne me sentais pas heureux. Avec tous ces problèmes dans la tête, ce n’est pas possible d’aller bien. Voilà j’ai fait le tour de mes TOC, TIC, phobies, peurs … je suis perdu, je ne sais pas ce qu’il en est. Ou plutôt était, car je pense avoir laissé pas mal de tout cela dans mon passé. Le travail de toute une vie. J’ai hâte d’avancer.

TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs
TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs !

5- Le surdoué a tendance à être hypocondriaque !

Voilà encore une autre obsession, je suis hypocondriaque. Je pense aussi que le surdoué a tendance à voir les problèmes plutôt que ce qui va bien. J’ai entendu dire par des psy spécialistes de la surdouance que le surdoué est hypocondriaque et qu’il somatise beaucoup, soit dit en passant. Effectivement, j’ai une fâcheuse tendance à croire que j’ai telle maladie physique ou mentale, rien qu’en lisant les symptômes. Je crois me reconnaître dans toute description. Par exemple la surdouance. Je plaisante. A avoir peur de certaines maladies graves, j’ai quand même fini par les développer. Quand j’étais gamin j’avais vraiment très peur des maladies et mon père m’appelait “le malade imaginaire”.

Mon obsession des hôpitaux et du personnel de santé !

Quand c’est fini, y en a encore. Je n’arrive pas à bout de cet article, déjà plus de 5500 mots, mon article le plus long jusqu’à maintenant. Il faut dire que tout petit, à l’âge de 8 mois, j’ai fait un séjour à l’hôpital pour soigner une dysenterie. Puis à 4 ans, anesthésie générale pour m’arracher toutes les dents de lait cariées. Opération des amygdales un peu plus tard. Je m’évanouissais à la vue du sang jusqu’à mes 35 ans. Dès que je sentais l’odeur d’un cabinet de médecin ou d’un hôpital, je me sentais angoissé. J’avais peur du dentiste et j’étais très tendu à tous mes rendez-vous. Stop, j’arrête de me trouver des problèmes.

Alors trop sensible ou chochotte ?

La grande question que je me pose parce que mon entourage me trouvais plutôt chochotte que trop sensible, ce n’était pas possible. Moi je dirais donc hypersensible émotionnellement et extrêmement sensible des cinq sens et plus, hyperesthésique.

 

6- Quoi faire maintenant ?

A partir de ce bilan que je viens de faire dans cet article sur mes pseudo TOC Troubles Obsessionnels Compulsifs du surdoué et même si j’ai débordé en parlant de TIC Troubles Involontaires Convulsifs, phobies, peurs, angoisses … j’ai sûrement dû un peu mélanger tout ça. Bon l’essentiel est d’avoir plus ou moins tout regroupé et fait un point sur ce qui est du passé et encore au goût du jour. Je vais pouvoir oublier certains points noirs de ma vie et alléger mon fardeau. Avancer plus sereinement et pourquoi pas travailler sur les derniers points négatifs. Là, je suis en train de penser à tout le temps et toute l’énergie que je pourrais consacrer à ce que j’aime, si j’arrêtais d’investir dans du TOC. Grosse prise de conscience.

Alors TIC ou TOC ?

Suis-je toqué ? Je dirai oui, car j’ai tiqué, mais légèrement. En ce qui me concerne ce serait plus de l’ordre de l’habitude. J’aurais mis en place des comportements pour me calmer d’avoir un cerveau toujours sous tension. Je n’ai plus qu’à me surveiller car si un TIC ou un TOC apparaît, cela voudra dire que je suis stressé et que je dois me calmer. Je peux donc m’en servir comme d’un indicateur de nervosité.

Comment trouvez-vous le sujet de cet article ?

Vous sentez-vous aussi concerné par les TIC (Troubles Involontaires Convulsifs) et les TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs) ? Vous n’êtes pas obligé de répondre dans les commentaires,je comprends très bien que ça puisse être gênant de se dévoiler en public. Mais si vous avez des TIC ou des TOC, phobies, angoisses, je vous invite à en chercher les raisons, les déclencheurs, ce qui les arrête …

Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à demain pour un nouvel article sur les aventures d’un surdoué !

Et rappelez-vous, surdoués ou pas surdoués, reprenons confiance en nous prenant en main !

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Author: Raphael

7 thoughts on “Défi J48/100 Les TOC, Troubles Obsessionnels Compulsifs du surdoué !

  1. Ces similitudes sont saisissantes. J’ai eu une partie des TOCs que tu décris, à l’adolescence, au collègue. TOC de lecture, de vérification, de comptage.
    Je me suis crue folle.
    Aujourd’hui j’en ai toujours, heureusement beaucoup moins.

    1. Bonjour Audrey merci pour ton commentaire. Je pense que ces TOC sont une façon de nous rassurer. Maintenant je les vois comme une capacité à mettre à notre service, dans notre organisation, notre quotidien (pour ne plus rien oublier), dans notre job (mais attention au perfectionnisme), pour partir en vacances … A condition de ne pas en faire un TOC organisationnel ! Pour réduire leur impact il faut occuper notre cerveau avec des activités passionnantes, nouvelles, challengeantes. En effet l’ennuie doit sûrement générer ces TOC d’intello, notre cerveau cherchant des activités.
      Bonne journée.

  2. Bonjour,

    Merci pour votre article. Mon fils de 8 ans a un profil très similaire. Précoce, il a eu des tocs dès ses trois ans. Son premier toc fut un toc de propreté. Lavage des mains répétitif, refusant de donner la main par peur des microbes. Nous sommes allés voir un psy et avons réussi à supprimer ce toc ( toc lié à une peur de la mort).
    Cependant depuis quelques mois, nous avons vu apparaître des tics…Des clignements de l œil gauche qui se sont transformés depuis peu par une déformation de la bouche ( côté gauche). Je crains qu il finisse par faire l objet de railleries à l école.
    Si nous parvenons à trouver la source de l anxiété, est il posssible selon vous que ces tics disparaissent? Une psychomotricien ou du Yoga ne permet pas d amoindrir ses tics ou tocs? Ne souffrant pas de tic ou toc de mon côté, je n arrive pas trop à me projeter.

    Merci,

    Bonne soirée

    1. Bonjour Marie,
      Je ne suis pas un professionnel psy. Je vais juste vous dire que pour mon cas mes TIC et TOC ont disparus avec le temps. Ils apparaissaient et disparaissaient par périodes. C’est mon père qui me le faisait remarquer à sa façon en me disant par exemple que j’allais m’envoler lorsque je secouais mes mains sur les côtés. J’étais conscient de mes TIC et TOC. J’ai eu des clignements des yeux et j’ouvrais grands les yeux. Je faisais un bruit guttural avec la gorge. C’est finalement passé. Pour régler ça je ne suis allé voir aucun professionnel. J’en ai eu quand j’étais enfant, adolescent et jeune adulte. Quand je suis stressé cela m’arrive encore d’avoir même envie de de faire un TOC ou un TIC, je le sens venir comme une envie de me gratter, quelque chose qui me démange. Je me dis que je peux ne pas le faire si je veux et je ne le fais pas. Et des fois j’en fait un de temps en temps, une mimique, un geste. C’est en lien avec mon bien-être intérieur, mon angoisse, mon stress et ma fatigue. Plus je me sens bien avec moi-même et plus j’en suis libéré.
      Je pense que pour votre fils il faudrait mettre en place un dialogue, un temps et un lieu d’échange pour qu’il puisse s’exprimer. Ca peut être par la parole, l’écriture, le dessin, l’expression corporelle. J’imagine qu’un TIC ou un TOC sort parce qu’il n’a pas pu sortir avec des émotions, des mots. Un enfant surdoué n’a pas le mode d’emploi pour gérer ses angoisses. Il peut se sentir seul face à sa lucidité et ce qu’il voit mais ne comprend pas tout à fait car manquant de maturité. Peut-être que je peut me tromper aussi, c’est une piste. Ensuite des TOC sévères doivent être suivis par des spécialistes.
      Bonne journée.
      Raphael

  3. Bonjour, je m’appelle Frank, je suis un camerounais de 25 ans. Je suis mannequin, concepteur de projets, traducteur trilingue, enseignant de langues, étudiant en Master Professionnel en Traduction et interprétation dans une université d’Etat au Cameroun. Je suis également en attente de visa pour l’Allemagne depuis 16 jours déjà.
    Mon enfance a été très mouvementée, mes parents se sont séparés quand j’avais 4 ans. C’est à ce moment que j’ai développé les premiers symptômes des TOCs du Surdoué. J’étais pas brillants à l’école, loin de là. Il a fallu que je redouble la classe de 4e pour réaliser mon potentiel.
    En effet, après avoir redoublé cette classe (en 2006), un ensemble de phénomènes étranges m’est tombé dessus. Il faut dire que bien que souffrant déjà de TOCs depuis tout petit, j avais pas encore mis un nom sur la maladie. J’avais honte d’en parler, et j’ai fait des recherches sur le net jusqu’à ce que je tombe sur le site Doctissimo et un article sur les TOCs. C’était terrifiant et fascinant la façon de me découvrir dans chaque description que le site faisait sur les TOCs.
    Donc j’ai réalisé mon potentiel et depuis lors j’ai été le meilleur dans toutes les classes où je suis allé.
    J’ai eu ma licence Lettres Bilingues en 2016, et depuis lors j’ai un niveau B2 en Allemand, j’ai multiplié les stages, les emplois ..bref je me suis découvert un talent pour tout. Ou presque. Je chante, je danse, je joue au foot, au basket, aux jeux vidéos, je dessine, je maîtrise l’outil informatique, je parle 4 langues, j’ai remporté plusieurs prix divers, j’ai même cru créer des formules mathématiques qui existaient déjà. J’ai eu des 18 en dissertation.
    A côté de celà, j’ai une mémoire hors du commun, j’ai une maîtrise inédite des chiffres et des lettres. Mon cerveau est comme indépendant de moi, j’ai des visions de chiffres, de combinaisons, de perspectives, de calculs, de comptages, de graphismes qui me saturent la tête en permanence. J’ai horreur de l’erreur et des labels, j’ai une créativité indescriptible. J’ai obsession de ranger , une obsession de la symétrie, tout doit être parfait. J’ai des gestes rituels, et même des pensées rituelles. Je déteste me salir après la douche, je mémorise un tas d’informations inutiles, et je me rappelle du lieu où j’ai entendu chaque mot de mon vocabulaire pour la première fois.(énorme non!). J’ai une capacité de déduction, un sens du détail et une justesse dans l’intuition qui me dépassent moi même.
    Ce qui me marque dans ma situation c’est que malgré mes capacités, je ne me considère pas comme un surdoué. Je suis très humble comme personne. En fait, je pense que mon cerveau est très avancé sur mon esprit. J’ai l’impression d’être un paysan dans une voiture de luxe. Bref je tiens à encourager tous ceux qui vivent avec des TOCs au quotidien que ce est pas la fin du monde. Il est possible d’avoir une vie sociale stable. Je n’ai jamais parlé à personne de ce que je vis. Personne ne pourrait me comprendre. Je ne suis pas un surdoué, par ce que je ne suis pas né ainsi. Je pense que quand on souffre de TOCs, soit on sombre dans un trou noir et on se coupe du monde, soit on assume sa situation et profite de ses capacités intellectuelles à bon escient. J’ai du talent dans tout ce que j’entreprends, j’ai même improvisé des exposés à la fac’ en 3 min! J’ai l’impression d’avoir toujours le mot juste dans mes discussions avec les autres. Mes hypothèses sont toujours précises et interprétations aussi fines que déconcertantes. J’ai une sensibilité littéraire qui me dépasse. Je pourrais citer tellement de choses.
    Mes proches me prennent pour un génie, mais ils n’imaginent pas les rituels qui me hantent, certains gestes qui ne sont pas si anodins qu’ils en ont l’air, mes phrases si calculées et si répétées avant de être émises. Ils ne savent pas à quel point c’est terrible de ne pas trouver le sommeil avant minuit au moins. Je ne veux pas guérir. C’est pas pour cela que j’ai écrit ici. Je veux partager mon expérience et soutenir ceux qui s’obsèdent à vouloir “guérir” (ce qui aggrave leur cas), leur dire qu’il est possible ‘assumer deux facettes de soi sans souffrir d’un trouble de personnalité.
    Ma vie est bien remplie, j’excelle, j’ai des problèmes comme tout le monde, je vis avec mon secret et je mets mes réussites sur le compte du hasard. Quand on est extrêmement intelligent, le plus dur c’est d’avoir les pieds sur terre. Quand vous lirez mon message, je serai déjà probablement en Allemagne, plus précisément à Duckwitz str.17- Brême.

    Merci
    Frank

    1. Bonjour Franck et merci pour votre long et beau témoignage. Qu’il puisse aussi aider les personnes concernées. Bravo pour votre parcours. Vous devez avoir été bien entouré et encouragé dans votre jeunesse pour être arrivé là où vous en êtes aujourd’hui.
      Je vous souhaite une belle et passionnante suite.
      Cordialement.
      Raphael

      1. Oui oui j ai eu la chance que ma famille croie beaucoup en moi. C’est peut etre ce qui m’a fait maintenir l’equilibre et ne pas basculer du coté sombre.

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