Défi J1/100 Témoignage surdoué Pensée arborescente

Pensée arborescente

Temps de lecture estimé : 3 à 5 minutes.

Bonjour et bienvenue sur mon blog “surdoué ou pas surdoué”. Je m’appelle Raphaël, je suis peut-être surdoué et ce blog parle de surdouance. Aujourd’hui, je commence le premier jour de mon défi de 100 jours de témoignage d’un surdoué. Je rappelle que mon but est de mieux me connaître, dans un premier temps. En particulier, mon fonctionnement, mes forces et mes faiblesses. Dans cet article, je parle finalement de pensée arborescente ou divergente.

Question de terminologie !

Auparavant, je voudrais parler brièvement de vocabulaire. J’emploie le mot “surdoué” par commodité. Parce que c’est le mot le plus utilisé et le plus reconnu pour ce sujet. Même s’il a une forte connotation de supériorité et qu’il me fait penser à “petit génie”. Cette idée me déplaît et ne correspond pas à la réalité des personnes surdouées. Je trouve les autres termes comme “haut potentiel” et “cerveau droit” trop techniques. Quant à l’expression “zèbre” trop jolie, ludique, imagée et éloignée. Pour connaître tous les termes employés en français et dans d’autres langues, vous pouvez aller lire mon article “Défi 61/100 Termes sur les surdoués du monde entier !”

Ce que je voulais pour cet article, mais qui ne sera pas !

Je pensais que le point de départ, pour un premier article sur la découverte de ma surdouance, aurait pu être une liste des caractéristiques de surdoués, qui me correspondent. Je les ai trouvées dans des livres. Au fur et à mesure de mes lectures, mon sentiment d’être un surdoué grandissait.

Un article sous forme de test !

Mais non, je ne vais pas faire cette liste. Car je trouve ça super ennuyeux. Même si je pense que ça pourrait être vraiment intéressant pour les intellectuels. Et que je suis parfaitement capable de le faire. Mais cette tâche se révélerait être interminable. Vous pouvez tout de même accéder à une batterie de questionnaires dans mes articles suivants. Défi J8/100 Test livre – Etes-vous surdoué ? 1 / Défi J9/100 Test livre – Etes-vous surdoué ? 2 / Défi J10/100 Test livre Etes-vous surdoué ? 3

Un article sur la pensée arborescente !

Mais aussi parce que jusqu’à cette phrase que j’écris, mon cerveau part dans tous les sens et je pense à trop de sujets à traiter. Je n’arrive pas à me décider. Je n’écris pas assez vite à l’ordinateur pour suivre les multiples cheminements de mes pensées … ça m’énerve … mais ça me donne une idée géniale !

En fait, je n’arrive pas à structurer ma pensée arborescente !

Pour cet article, je vais plutôt parler du fait que j’ai des difficultés à structurer mes idées et à me concentrer. Normalement, la plupart des personnes qui ont un raisonnement logique et linéaire, y arrivent. Elles partent d’un point de départ, d’où découle un enchaînement suivant une certaine logique, pour arriver au point final. C’est pourtant simple, non !

Une pensée arborescente à 360° x 360°, c’est-à-dire dans les trois dimensions !

Eh bien pour moi, quand on me dit de partir de l’idée A pour arriver à l’idée B, tel un nid de fourmis dans lequel quelqu’un aurait donné un coup de pied, je sens mon cerveau indépendamment de moi et en général sans effort, aller frénétiquement dans toutes les directions. Et en quelques secondes, je le vois me fournir, comme sur plusieurs plateaux, par des dizaines de serveurs, toutes les solutions possibles. Des plus simples aux plus complexes et farfelues, mais aussi des idées géniales. Des moins chères aux plus coûteuses, les plus nulles et débiles ou rigolotes aussi (parfois je rigole tout seul). Je me retrouve submergé par trop de résultats, qui pour la plupart ne me serviront à rien.

HORS SUJET !

D’autant plus que si je parle de tout cela à la personne qui m’a posé la question, comme un professeur par exemple, la réponse tombera comme un couperet. “Vous n’avez pas répondu à la question !” ou “ce n’est pas ce que je vous demandais !” Ou encore “où est le raisonnement ?” Je donne aussi une réponse qui va plus loin que celle des autres qui arriveront à mon résultat bien plus tard.

Je pose beaucoup trop de questions, aux autres et à moi !

Bien sûr, d’autres questions se greffent à la première, commençant par des “et si …”, puis pouvant partir dans des hypothèses, incorporer d’autres données inconnues me paraissant hyper importantes et nécessaires. Alors là, pour une simple question, c’est moi qui me retrouve à en poser une dizaine à mon interlocuteur pour que je puisse comprendre et éliminer des choix. Enfin, je me décide à n’en garder que cinq alors qu’une seule réponse “est attendue à l’accueil” (petit clin d’oeil aux enfants qui se perdent dans les magasins).

Beaucoup d’effort pour synthétiser cette pensée arborescente !

Vous n’imaginez pas à quel point je dois faire des efforts pour structurer mes pensées, les dompter, cadrer ce mental fougueux. Certes très utile, mais aussi très envahissant et incontrôlable. Je dois mettre en forme mon résultat, trouver une formule compréhensible par mon interlocuteur. Ce qui me prend du temps et de l’énergie. Je peux perdre en spontanéité, en naturel. Car je dois parler le langage de la personne à qui je m’adresse. Pour qu’il me comprenne. C’est hyper important pour moi. Je dois ressentir que j’ai bien été compris pour me sentir bien, à l’aise.

Le cerveau hyperactif du surdoué !

Mon cerveau est à l’image d’une classe entière d’enfants hyperactifs surdoués n’ayant pas pris leur traitement pour les calmer. Je n’arrive pas à voir clair dans mon esprit. D’autant plus quand c’est très simple, j’ai remarqué. Alors, j’y reviens plus tard. Et parfois, je laisse tomber. Soit parce que j’ai oublié, pensant à d’autres choses. Soit parce que c’est contre-productif et que je deviens trop lent, je n’arrive plus à penser, je bloque.

Ma pensée arborescente à l’âge de six ans !

Pour illustrer cela, j’ai un exemple parmi des milliers que j’ai en mémoire. Je vivais en Nouvelle-Calédonie et je devais avoir 6 ans. Ma tante avait un magasin de jouets. C’était à l’approche de Noël. Pour faire la publicité d’une nouvelle poupée vendue dans son magasin, elle avait obtenu, pour moi et ma soeur, un passage dans une émission de télévision pour enfants. Au moment où l’animatrice me pose la question “quel est le nom de ta poupée ?”, je lui réponds “je ne sais pas, ça dépend”. Après plusieurs questions, elle n’a pas réussi à me faire dire le moindre prénom.

La pensée arborescente offre trop de choix !

Trop de choix tue le choix. Je n’arrivais pas à me décider pour un simple choix qui n’avait vraisemblablement aucune incidence sur mon avenir. Mais il me semblait pourtant si important de répondre juste et de ne surtout pas me tromper parmi tous mes choix en tête et ceux que je ne connaissais pas. Je crois que même l’idée de réfléchir à tous ces prénoms me plaisait. Et en même temps, l’insistance de la présentatrice me stressait. Le fait de choisir aurait tout gâché de mon plaisir d’être dans mes pensées en arrêtant net mon cerveau. En y repensant, je crois que j’adore réfléchir, utiliser mon cerveau, penser à plein de choses à la fois, dans tous les sens. C’est jouissif, surtout quand je suis dans un état d’esprit positif.

La force de la pensée arborescente du côté obscur !

Par contre, quand je suis dans un état dépressif, c’est la catastrophe. Comme dans un film de science fiction, mon cerveau me ressert à vitesse grand V, toutes mes idées noires créées depuis mon plus jeune âge. Je ne peux pas dire que je pense ou repense. Par contre, je peux dire que les pensées me viennent “en pleine tête”. “Je n’ai rien commandé ! Arrête de penser à tout ça, Raphaël !” Donc, me reviennent toutes mes bêtises, mes disputes, mes échecs, mes défaites, mes embrouilles, mes ruptures sentimentales et amicales, les moments où j’ai ressenti de la honte, l’imposture … Ce que j’aurais dû faire, dire, que je ne me laisserai plus faire, que je suis vraiment trop gentil, que je me sens seul …

Quel enseignement en tirer ?

Voilà, j’espère que ce petit témoignage sur la pensée arborescente ou divergente vous aura parlé. En tout cas pour moi, ça a été très riche. Je me rends compte des capacités de ma mémoire, car je peux encore dire beaucoup de choses. Je me rappelle de la préparation l’émission de télévision avant de passer à l’antenne, ce que m’a dit de faire ma tante, la configuration de la salle …

Pensée arborescente
“Cerveau super rapide, comme une fusée”.

Pensée arborescente, un atout ?

Autre enseignement, cette pensée qui part en “chou fleur” peut être géniale. Je la vois comme un formidable atout par rapport aux autres, surtout dans les bonnes conditions, le bon état d’esprit, dans un entourage réceptif et accueillant … Malgré moi, les autres ont tendance à se sentir écrasés par moi, mon comportement, c’est ce qu’ils croient. Alors que je ne fais qu’être moi-même, en utilisant mes capacités à fond et en ressentant, en incarnant la joie que je ressens quand je réussis quelque chose.

Je pense que tout le monde est comme moi !

Le pire est que je pense que tout le monde fonctionne de la même façon que moi, alors que c’est faux. Du coup je suis trop exigeant avec mon entourage. Je m’attends à ce que les gens aillent aussi vite que moi. Quand je vois qu’ils ne sont pas assez rapides, j’ai tendance à m’énerver, à vouloir passer à autre chose, à faire à leur place, à patienter en ressentant un ennui mortel. Et quand c’est à mon tour de ne pas comprendre, de ne pas arriver à faire une chose, je m’énerve, je stresse.

 

Je m’arrête là, cet article est déjà bien assez long, pourtant j’ai encore envie d’en parler !

Alors, je vous dis à demain, sur mon blog “surdoué ou pas surdoué”, pour un autre témoignage. Je vous souhaite une excellente journée.

Et rappelez-vous, surdoués ou pas surdoués, reprenons confiance.

Cliquez ici pour voir quand je me suis lancé ce défi, le jour 0.

Cliquez là pour voir l’article suivant, le jour 2.

 

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Author: Raphael

4 thoughts on “Défi J1/100 Témoignage surdoué Pensée arborescente

  1. Je me suis ici reconnu dans plusieurs des paragraphes.

    En premier sur la pensée en 3 dimensions. C’est à la fois de mon point de vue une qualité et un défaut. Une qualité lorsque l’on doit analyser une situation, dans mon cas lors de séances de programmation ou de stratégie dans un de mes jeux. Il faut ici penser à toutes les éventualités pour éviter de respectivement avoir un retour imprévu ou un mouvement adverse problématique.

    Mais aussi un défaut car il est alors facile de trop réfléchir, de sur-intellectualiser la chose, et de passer à côté de la bonne réponse, et des choses essentielles.

    Je n’éprouve pas de difficulté particulière à synthétiser ma pensée, car la force de l’habitude m’a permis d’en avoir une bonne maîtrise. Mais il est vrai que je passe mon temps à contrôler mes faits et gestes afin qu’ils soient bien compris par ceux à qui ils sont destinés, car rien n’est plus problématique qu’un malentendu.

    L’incapacité de répondre simplement à une question simple m’a longtemps handicapé durant mon enfance, énervant alors mes parents qui me trouvaient presque apathique, cela rendait les discussions voire les disputes (là où ce genre de questions m’étaient posées le plus) très longues et redondantes, constamment revenant à cette question sur laquelle je butais.

    Lorsqu’il m’arrive parfois d’être dans un état de déprime passagère, je sais qu’à ce moment il m’est inutile de lutter, de vouloir faire quelque chose d’utile, constructif ou intéressant. Dans ces moments je laisse alors place à mes envies les plus profondes et spontanées. Je regarde une série, un film, lis un livre, traîne sur Internet … Heureusement ces moments n’arrivent pratiquement que le soir, et la nuit de sommeil qui s’en suit répare tous mes maux.

    Même si je ne considère pas que tout le monde est comme moi, je considère cependant que parmi tout ce à quoi je pense, quelqu’un va penser à au moins une de ces choses. Je considère toujours être dans la pire des situations pour justement être prêt quand c’est le cas, et être rassuré quans ça ne l’est pas. Ce qui fait que je peux être très exigeant envers les autres, mais jamais plus qu’envers moi-même.

    J’aime beaucoup faire les choses plutôt que de déléguer, car je suis un fervant défenseur et pratiquant du “on n’est jamais mieux servi que par soi-même”, qui me fait constamment penser que quelque chose sera raté si je ne m’en occupe pas, mais aussi car je sais qu’un jour où je ne pourrai pas déléguer justement, je saurai faire ce que j’aurai à faire.

    Rendez-vous au prochain défi 🙂

    1. Bonjour Théo,
      Je pense que c’est intéressant pour vous d’écrire dans les commentaires ce que vous fait penser chaque article. Une façon de mieux vous connaître et d’apporter un autre point de vue sur le sujet, utile aux autres lecteurs et à moi. Merci pour votre commentaire.
      Bonne journée.
      Raphael

  2. Bonjour,

    Hahaha la pensée en arborescence…j’adore ce mode de pensées.
    Précision : j’ai 42ans et je découvre depuis 3 semaines ce monde de zèbres et autres hyper-fonctionnant.
    Je n’ai toujours pas fait de test et j’ai bien peur du résultat sur ce benchmark de performance brute.
    Par contre, sur la pensée en arborescence, j’ai d’autres exemples que je vis depuis des années en + de ceux déjà cités dans l’article.
    – Au boulot : « Julien, tu parles trop pour donner une réponse simple, faut que tu synthétises. »…….. »maiiiiiis c’est trop dur!!! »
    – Au resto : « Julien, ça fait 15min que tu as le nez sur la carte, faut choisir » (ouais mais mince, si je prends ça, cela n’ira pas avec le dessert que je veux prendre, j’aime moins cette sauce, ça vaut pas le coup avec cette viande….puis j’ai envie d’essayer ces 3 plats…je ne sais pas si on reviendra, quel serait le meilleur pour moi…et ce plat me fait penser à cet autre resto…tient d’ailleurs on y retournerai quand…ça me fait penser à une recette similaire que j’avais vu sur un site…quel site déjà? Ha oui, du coup il faudra que je rajoute ça à la liste de courses…courses qu’il faut que je fasse avant demain 18h……Etc.).
    – En privé : « Julien, tu changes d’avis tout le temps. », »Je sais mais j’ai passé en revue toutes les possibilités et finalement, ce serait celle-là la meilleure….les idiots changent pas d’avis hein 😉 »
    – Les ex : « Julien, j’ai toujours passé + temps au tel avec toi qu’avec ma mère ».
    – Mon actuelle : « au moins quand tu m’expliques des choses le soir, je m’endors plus vite oO ».

    Et lorsqu’on m’envoie bouler quand je parle trop ou que je vais trop loin dans la réflexion, même si je ne le prend pas mal, je me mets en retrait….et oui du coup, l’ennui vient vite…et cette image de mec trop sage ou en retrait….alors que j’ai tellement de délires qui viennent en tête et pourtant un humour très développé.

    1. Bonjour Julien merci pour votre commentaire qui apporte d’autres exemples de la vie quotidienne d’un.e surdoué.e. Je pense que c’est ce qui fait le charme des zèbres finalement, ces particularités qui font que nous sommes différents des autres et qu’on nous apprécie pour ça. Il faut savoir en jouer et en rigoler. Apprendre à trancher plus rapidement peut devenir un petit jeu, un challenge pour soi. Quand je perçois un début d’agacement chez les autres, en fonction de leur attitude sympathique ou antipathique, je fais un choix ou un non choix. Comme ça je sens que je garde le contrôle et ainsi je n’angoisse pas.
      Je pense que nous les surdoué.es devons trouver une personne comme nous.
      Bonne journée.
      Raphael

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