Défi J69/100 Le souci de performance du surdoué !

Le souci de performances du surdoué

Temps de lecture estimé : entre 5 et 8 minutes.

Quand j’ai écrit mes derniers articles, j’ai ressenti que je devais être performant et ça m’a interpellé car je me demandais pourquoi je devais bien être aussi performant. Et j’ai revu tous les moments où je me suis mis la pression. Alors j’ai pensé écrire à propos du souci de performance du surdoué. Je m’appelle Raphaël et je témoigne sur mon parcours de surdoué. Chaque jour dans mon blog, je fais une relecture de ma vie à la lumière de la surdouance et je m’accepte un peu plus. Si vous trouvez mes articles trop longs, vous pouvez survoler le texte en lisant les titres et les mots en gras.

 

Mes trois points positifs pour aujourd’hui :

  1. J’ai travaillé dans un café en mode coworking avec trois autres web freelances. C’était plutôt sympa comme expérience mais je n’ai pas beaucoup avancé mon article car nous avons bien discuté à propos de nos activités. La prochaine fois je dessinerai.
  2. J’ai fait une photo pour immortaliser ce moment.
  3. Je voudrais ajouter dans mes articles trois petites ou grandes victoires dont je suis fier. C’est pour travailler mon estime de moi.
Après-midi coworking
Après-midi coworking !

Mes trois victoires auxquelles je pense maintenant :

  1. Mon bel appartement atypique que j’ai rénové moi-même pendant deux ans.
  2. Avoir vaincu ma timidité, ma phobie sociale. Mais c’est un effort de chaque instant et je prends confiance.
  3. Plus fun mais un peu crado et macho, je suis maintenant capable de cracher comme un homme jusqu’à 3m. Je n’y arrivais pas quand j’étais gamin et je crois que ça m’a entre autres porté préjudice pour mon insertion.

 

Écrire un article sur le souci de performance du surdoué !

Je ne m’en rendais pas du tout compte, mais malgré ma phobie de la compétition, des concours, des examens, j’ai toujours été dans la performance. J’ai lu que c’était un des avantages mais aussi un des gros problèmes des surdoués. Et je fais donc partie des zèbres qui sont accro à la performance dans tout ce qu’ils font. Si je n’excelle pas, je me sens déçu et je me renferme, mon orgueil en prend un coup. Un peu immature comme comportement, n’est-ce pas ? J’ai d’ailleurs longtemps été mauvais joueur, heureusement que je ne le suis plus pour moi et pour les autres joueurs.

Un niveau d’exigence trop élevé !

Quand je me lance dans un projet, une activité, je le fais à fond, je vais vouloir baigner littéralement dans le sujet, être complètement dedans. Et surtout, j’en attend beaucoup en retour, de mes résultats, donc de moi-même mais aussi des autres. Par exemple en créant ce blog, je me suis tout de suite lancé dans l’écriture et la publication d’un article par jour. Je n’étais pas obligé de mettre la barre aussi haut. Un article par semaine aurait été suffisant.

Je m’investis à fond sans prendre de plaisir !

Quand je découvre une nouvelle activité qui me plaît, j’ai envie de tout savoir à son propos. Je suis impatient tellement je suis curieux et que j’ai soif de comprendre les choses. En ce moment je me calme un peu, j’apprends à découvrir des choses en prenant plus de plaisir. Car je trouve que je ne prenais pas beaucoup de plaisir.

Je suis très impatient et je peux être frustré de ne pas faire !

Cela met en évidence mon impatience. Quand je trouve quelque chose qui m’attire et me plaît, par exemple un style de peinture que j’ai en idée, j’ai besoin de passer à l’action immédiatement et de tout explorer. Je déteste repousser à plus tard mes idées, mes projets, je me sens très frustré. Et si j’accumule trop de frustrations, je deviens nerveux. Car si je ne le fais pas, je sais très bien que j’aurai d’autres idées et que je n’aurai pas de temps pour faire ce qui me passe par la tête à ce moment-là. J’angoisse à l’idée de ne pas avoir assez de temps pour moi pour tout faire.

Je ne peux pas faire autrement que de m’investir à fond !

Quand je me passionne pour quelque chose, j’aime avoir le temps et m’investir intégralement dedans. Et si je n’ai pas le temps de le faire, je me sens très mal, en décalage dans ma vie. J’ai horreur de prendre du retard dans mes projets. Je dois mettre en application mes idées sinon j’ai l’impression de gâcher quelque chose. Franchement, j’ai trop d’idées en général et trop d’idées que je n’ai pas pu concrétiser, snif. J’ai plusieurs mois de retard dans mes projets. Avec moi tout semble s’éterniser.

Mon souci de performance très prononcé !

Quand je dois faire quelque chose dans un groupe et qu’on doit tous faire la même chose, comme dans un examen, j’ai peur de ne pas être dans les premiers, voire le meilleur. J’ai toujours été habitué à obtenir les premières places à l’école et parfois à être le premier. Par exemple il y a deux ans, quand j’étais responsable de magasin bio, nous avons eu un test à passer. Et j’ai eu la deuxième place derrière ma responsable parce que je n’ai pas noté la réponse que je pensais. J’étais dégoûté car je le savais. Mais je crois que j’ai le syndrome de la loyauté, il ne fallait surtout pas dépasser ma responsable.

 

Le souci de performance du surdoué dans tous les domaines !

Tout ce que je fais est dans la même veine, je me documente beaucoup au début, je passe la plupart de mon temps et à explorer dans tous les sens. J’épuise le sujet. Je l’ai fait dans mon ancien métier d’architecte, dans les produits bio, ce qui m’a permis de trouver un emploi dans un magasin bio. Quand j’ai rénové mon appartement, quand j’ai modifié mon régime alimentaire, quand je me suis lancé dans la peinture et le dessin. En ce moment dans les métiers du web comme je me lance dans le métier de blogueur, pour la création d’entreprise. Pour reprendre en main ma vie, ma forme physique en faisant du sport … je m’investis à fond avec un grand souci de performance dans tout ce que j’entreprends. Aux yeux des autres je parais ambitieux ou prétentieux mais je ne le suis pas. C’est juste que je mets le curseur plus haut que les autres.

 

Je ne me rendais pas compte de mon souci de performance !

C’est quand même bizarre que je ne me sois pas rendu compte que j’étais toujours dans la performance. Je l’ai compris il y a seulement quelques jours, en regardant une vidéo d’une psychothérapeute sur YouTube. Et ça a fait tilt dans ma tête quand je forçais en faisant quelque chose alors que ce n’était pas nécessaire. Je me suis dit “mais pourquoi je fais ça ? Rien ne presse et ça ne nécessite pas d’être parfait”.

Pourtant je ne me voyais dans la performance !

C’est curieux, je ne me voyais pas autant dans la performance que ça, c’était naturel pour moi de faire ce que je faisais puisque je m’investis beaucoup. Je vois bien que d’autres personnes n’attendent pas autant d’elles que moi. Personne ne vise la première place autant que moi. Les gens font les choses pour elles-mêmes, pour se divertir ou apprendre … Moi je les fais pour qu’elles soient correctement faites et même parfaites.

Je veux toujours faire mieux que les autres !

C’est dingue la haute idée que j’ai de moi. Je ne peux pas imaginer faire moins bien que les autres. Si je fais moins bien je me sens mal, triste et je me dis que je savais, que j’aurais dû mieux faire. Je fais aussi les choses pour avoir les notes les plus hautes. Autrefois, je n’aimais pas voir des personnes meilleures que moi dans un domaine, je les enviais beaucoup. Maintenant, je les vois différemment, je pense que ce sont des personnes qui peuvent m’aider dans mes projets. Et me donner des conseils testés et éprouvés. Finalement je me sens plus à l’aise pour entrer en contact et échanger avec elles.

Mais je ne veux pas écraser les autres !

Je veux juste faire parfaitement les choses et être le meilleur mais ce n’est surtout pas par désir d’écraser les autres. Pourtant cela a souvent été ressenti par les personnes de mon entourage à l’école, parmi mes amis. J’avais l’impression d’après leurs réactions que j’en faisais trop dans un domaine, que je faisais trop de choses différentes, que j’étais très ambitieux. C’est sûr que j’ai toujours plein d’envies pharaoniques et que je suis trop optimiste, porté par mon enthousiasme. Ça peut faire peur vu de l’extérieur. Mais vu de mon intérieur, ça représente une énergie qui me porte.

Comment je recherche toujours la performance ?

Dans le domaine artistique, je veux faire du jamais vu. Si je m’aperçois que ça existe déjà, que ce que je fais n’est pas nouveau et que beaucoup d’autres artistes font la même chose, je suis très déçu voire dégoûté. Je me sens obligé de tout jeter et recommencer à zéro, ça me démoralise. Il faut que je produise énormément. Je suis de toute façon prolifique car j’arrive à me concentrer sur ce que j’aime faire.

 

Pourquoi je suis dans la performance ?

Cela remonte à mon enfance. Je me rappelle très bien que mes parents et mes professeurs me demandaient de toujours faire plus. Malgré mes bonnes notes, dans plusieurs cours, pour les cours où j’avais 12 ou 14 sur 20, je lisais “peut mieux faire”. Ça me faisait rager car je faisais déjà de mon mieux. Mais je pense aujourd’hui qu’ils avaient détecté mes capacités et que je n’étais pas au plus haut de mon potentiel. Ça ne leur suffisait jamais que j’aie une moyenne générale entre 15 et 17 sur 20. Je devais donner toujours plus. Alors j’étais souvent déçu de moi et de ne pas faire plaisir à mes parents avec de meilleures notes. Du coup je retenais que ce que je faisais n’était pas assez bien. Inconsciemment j’ai élevé mes exigences envers moi-même en intégrant en moi les désirs de mes parents d’être toujours meilleur.

J’ai manqué d’encouragements !

Vous vous rendez compte, des parents dire à un enfant qui a eu 16/20, “tu peux mieux faire”, 18/20 “tu aurais pu avoir 20/20”. Je ne me rappelle aucun mot gentil de la part de mes parents, me félicitant en me disant seulement “c’est bien, on est fier de toi”. Il me l’ont dit mais à chaque fois en rajoutant ces sempiternels “peut mieux faire”. Peut-être qu’ils voyaient leur participation comme des encouragements, mais vu le résultat obtenu sur moi qui me sentais dégoûté, je ne peux pas dire que je me suis senti soutenu et encouragé.

Ce que j’obtiens n’est jamais assez !

Dans ma vie de jeune adulte jusqu’à aujourd’hui, tous les résultats que j’obtiens ne sont pas assez. Pour moi ce n’est jamais suffisant, pas assez bien, pas assez beau, c’est imparfait, il n’y en a pas assez, j’en voudrais encore plus. Et puis, il manque toujours quelque chose, ça ne me convient jamais, il y a des erreurs, il y a toujours quelque chose qui ne va pas … Et je suis frustré, déçu, démoralisé, dégoûté, triste, pessimiste. Voilà toutes les conséquences de mon souci de performance, de mes hautes exigences envers moi-même.

Les conséquences de mon souci de performance !

Le problème ne s’arrête pas là, ce serait trop beau. En effet, j’ai tendance à être autant exigeant avec mon entourage qu’avec moi. Ça me paraît normal puisque je pense que tout le monde est comme moi. Et comme je me dévalorise j’imagine que c’est normal d’en demander plus. Plusieurs fois, des personnes, dans le cadre du travail, m’ont dit que j’étais très exigeant avec elles. Ça me semblait tout à fait normal pour moi et même être le minimum. Je voulais qu’elles soient parfaites.

Le souci de performances du surdoué
Le souci de performances du surdoué !

Être dans la performance du surdoué ou rechercher la performance ?

Petite précision qui peut sembler être un détail mais c’est important pour moi. Je pense que j’étais dans la performance car je ne savais pas ce que je faisais. J’en étais inconscient. Et plus je prends conscience que je suis dans la performance et plus je peux dire que je recherche la performance volontairement. Depuis un an je me lance des défis, je me challenge et je commence à y prendre goût, moi qui détestais la compétition. Je le fais pour moi-même afin de progresser mais aussi parce que ça m’aide à grandir, à me faire évoluer personnellement. J’ai remarqué que beaucoup de jeunes autour de moi ont ce comportement et cela leur semble naturel, ils sont à l’aise avec ça. Et moi je veux acquérir ces compétences.

 

Comment faire maintenant ?

Quel est mon avenir par rapport à mon besoin et mon désir de performance ? Je me demande si le fait de le savoir va m’aider à me mettre moins de pression en étant moins exigeant avec moi-même. Ou alors si je vais enfin pouvoir focaliser mon énergie sur mes projets pour les faire avancer et les concrétiser.

Je commence à me mettre moins de pression !

Aujourd’hui par exemple : ce matin j’ai fait plein de choses et je n’ai pas pu commencer à écrire mon article. Puis l’après-midi je suis allé travailler dans un café en coworking avec des collègues, je n’ai pas pu travailler correctement. Comme il y avait du soleil, j’ai absolument voulu aller faire du sport dehors avant de rentrer chez moi. Puis je me suis dit “Raphaël, profite du moment avec tes collègues, rends ce moment agréable. Fais du sport, ensuite tu te sentiras bien ensuite. Tu feras ton article ce soir, ce n’est pas grave après tout. J’ai passé des bons moments.” En même temps j’ai fait plein de choses, rencontré de nombreuses personnes, j’ai fait une méga séance de sport. Je suis encore dans la performance. Je crois faire autrement mais c’est du pareil au même.

 

Vous et la performance du surdoué !

Comment vous sentez-vous par rapport au sujet du souci de performance ? Vous reprochez-vous de ne pas faire assez bien des choses et suffisamment, alors que ça convient aux autres ? Etes-vous très exigeants envers vous-mêmes ? Vous sentez-vous en décalage par rapport aux autres à cause de cela ? Finalement, sommes-nous obligés de conserver le même rythme, le même niveau d’exigence ? Ne nous serait-il pas profitable de nous mettre moins de pression ? Afin d’avoir une vie plus agréable mais aussi surtout pour ne plus vivre de burn-out. Cela pourrait faciliter nos relations aux autres. Il ne s’agit pas de s’adapter aux autres mais bien de trouver un peu de sérénité dans notre vie. Tiens, je repense à mes trois victoires notées en début d’article, je suis sûr que mon inconscient m’a dit de les écrire pour montrer mes performances de surdoué.

Je vous souhaite une belle journée équilibrée entre performance et imperfection ! Je vous dis à demain pour un nouvel article !

Et rappelez-vous, surdoués ou pas surdoués, reprenons confiance en nous prenant en main !

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Author: Raphael

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