Les cycles du surdoué !

Les cycles du surdoué

Temps de lecture estimé : 4 à 7 minutes.

Bonjour ! Voilà qu’après avoir écrit et publié mon article sur l’essoufflement du surdoué, je me sens à nouveau bien. Je parlerai aujourd’hui des cycles du surdoué, l’occasion de faire le point sur ce qu’il vient de m’arriver et qui m’arrive fréquemment. Après l’emballement, la dépression du surdoué. Pas question de repartir à fond dans mes projets et de tomber à nouveau dans un gouffre. J’étudie ce qui s’est passé et procède à des modifications de comportement pour mieux vivre ces passages à vide.

Je m’appelle Raphaël, je suis surdoué non testé et j’enquête à propos de la surdouance car je veux tout comprendre et m’épanouir.

Un gros besoin de repos pour recharger mes batteries !

Depuis que j’étais tombé malade il y a trois semaines j’avais un gros besoin de sommeil et dormais dix heures par jour sinon plus. Je pense que mon corps et mon esprit avaient besoin de repos pour me recharger en énergie et en motivation. J’ai d’ailleurs écrit un article sur la réserve de volonté du surdoué. J’étais dans une des phases des cycles du surdoué.

Je ne procrastine pas malgré ma baisse de moral !

Heureusement que pendant que je me sentais découragé ce mois passé j’ai quand même pu travailler plus de 30 heures par semaine chez moi à dessiner, et écrire un article par semaine pour mon blog surdoué. J’ai fait le minimum pour à la fois me reposer et ne pas culpabiliser de ne rien faire. C’est plutôt facile et agréable de dessiner et coudre en regardant des vidéos en anglais. Ça m’a permis aussi de réfléchir et faire le point sur ma vie et mes projets. Je n’avais pas beaucoup de courage mais suffisamment pour faire cela. Je trouve que j’ai fait des progrès. En effet auparavant j’aurais procrastiné et râlé, me sentant responsable de mon état et de ma fainéantise. La procrastination fait partie des cycles du surdoué.

Je me sens revenir à la vie progressivement !

C’est étrange comme dans ces phases de baisse de moral et d’énergie j’ai l’impression de mourir en quelque sorte. Et ensuite de renaître, de façon cyclique. Comme le cycle de la vie et des saisons mais en version accélérée. Cela peut être épuisant quand on ne sais pas gérer et surtout accepter ces cycles. Je remarque que c’est régénérateur. Cela fait du bien quand j’accepte et gère mieux ces cycles du surdoué en adaptant mon mode de vie à mes nouveaux besoins de calme.

Le rythme biologique ou les cycles du surdoué !

Je sais maintenant que je dois m’adapter à mon rythme intérieur, me mettre mieux à l’écoute de mon rythme biologique du surdoué, comme on pourrait l’appeler. Surtout quand je ne me sens pas bien. Un grand classique chez les zèbres. Un jour trop enthousiaste et un autre jour pessimiste. Mon corps et mon âme ne sont pas une machine, un robot. Parfois je me sens tellement bien que je n’hésite pas à donner le maximum de mon énergie sans considérer ma fragilité et ma sensibilité d’être humain. J’ai fait ça toute ma vie, ignorer mon rythme biologique et mes besoins.

Savoir prendre soin de soi !

Je change petit à petit de comportement. Je gère différemment et mieux mes cycles du surdoué. C’est d’autant plus important dans les phases de baisse de moral. J’ai déjà dû en parler plusieurs fois mais ça ne fait pas de mal de me le répéter. Dans ces périodes basses je dois prendre soin de moi, me reposer. C’est-à-dire que je dois accompagner le mouvement descendant car mon corps et mon esprit en ont besoin pour se régénérer. Je remarque qu’il ne me sert à rien de m’énerver, de forcer, de râler, de me mentir. Cela ne fait que m’épuiser plus, me rendre encore plus malheureux et me fragiliser.

Ne pas respecter les cycles du surdoué en forçant !

Étant accro à la performance du surdoué j’ai du mal à lâcher prise, à écouter mon corps qui me réclame de me reposer. J’ai tendance à forcer et finalement à m’épuiser, utiliser toute l’énergie que j’ai. Du coup une fois ma réserve d’énergie vide, il me faut plus de temps pour m’en remettre, retrouver ne serait-ce qu’un état normal de fonctionnement. A me voir écrire ça, j’ai l’impression que je me prends encore pour une machine. Je fais le parallèle avec la mécanique. Même une machine a besoin de s’arrêter pour refroidir, ne pas surchauffer, se faire réviser, remettre à niveau, recharger ses batteries, voir remplacer les pièces usées. Et aussi pour éviter l’usure prématurée.

Savoir détecter les signes d’un changement !

Mon corps me parle beaucoup si je suis à son écoute. C’est peut-être aussi une question d’intuition. Je sens quand je commence à être fatigué à cause du rythme que je m’impose. Parfois je m’entends me dire à moi-même “repose-toi Raphaël, tu en fais trop, tu vas tomber malade”. C’est exactement ce qui s’est passé cette fois-ci il y a trois semaines. Je sais aussi que je vais tomber malade quelques heures ou jours avant que cela n’arrive. J’ai cette précieuse information en moi alors pourquoi n’en tiens-je pas compte ? J’ai de la chance de ressentir les choses, de reconnaître les signes avant-coureurs d’une baisse d’énergie et de moral.


Les cycles du surdoué
Les cycles du surdoué !

Parenthèse : un petit mot sur mon nouveau dessin pour cet article. L’idée m’est venue en un éclair en me demandant quoi dessiner comme illustration à la fin de la mise en page de mon article. C’est un schéma très simplifié et représentatif de mon état physique dans les deux grandes phases : enthousiasme et dépression. C’est rigolo car un ami me trouve un peu “gris” de peau quand je ne vais pas bien. Et une amie zèbre que j’adore me trouve “rayonnant, lumineux” quand je suis au meilleur de ma forme. Les mots sont exactement choisis. Je préfère être dans ce deuxième état pour ne pas dire “état second” qui signifie autre chose. Je ferme la parenthèse.

Mieux gérer les cycles du surdoué en phase de dépression !

A partir de maintenant je devrais encore mieux gérer cela. Par exemple aux premiers signes je pourrais annuler tous mes engagements sur les prochains jours et rester chez moi pour prendre soin de moi, me reposer, me chouchouter, écrire et créer. M’exprimer. J’ai l’impression de faire “ma diva” en disant cela. Je comprends que le coup de fatigue survient quand je me suis oublié trop longtemps. Que j’ai oublié que je suis un humain et non une machine à produire. Alors me recentrer sur moi et m’exprimer ne peut que me faire du bien. Je pourrais même prendre un temps de recentrage chaque jour pour éviter ces mini burn out.

Mieux gérer les cycles du surdoué en phase d’enthousiasme !

Si je suis capable de gérer ma baisse d’énergie et de moral, je pense qu’il serait bénéfique que je sache aussi mieux gérer mon énergie dans mes phases d’enthousiasme. Ce qui m’aiderait à être en forme plus longtemps pendant les périodes où je me sens bien et à ne pas tomber dans un gouffre me stoppant complètement dans ma vie.

Gérer mes cycles du surdoué me semble parfois impossible !

Mais comment et pourquoi me limiter lorsque je me sens bien, puissant, en possession de tous mes moyens ? Surtout si ce que je fais me plaît, me passionne. J’ai tellement pris l’habitude de brûler la chandelle par les deux bouts. Dépenser toute mon énergie chaque jour au point de me coucher en étant épuisé. Le pire est que je pense en avoir besoin pour bien dormir car sans cela je ne trouve pas le sommeil, j’ai des problèmes de sommeil. J’ai l’impression d’être un enfant incorrigible, indomptable, irraisonnable, impatient.

Je pense être capable de mieux gérer mes cycles du surdoué !

Mais heureusement tout s’apprend et fait évoluer. Je me suis très souvent prouvé qu’il m’est possible de changer jusqu’à des comportements et des habitudes qui semblaient faire partie intégrante de moi, théoriquement impossibles à changer. Par exemple j’ai arrêté de regarder des vidéos pornographiques depuis plus d’un an. Autre exemple plus soft, je fais du sport presque tous les jours (musculation tous les deux jours et transport à vélo) alors qu’enfant je n’aimais pas l’activité physique. Alors je pense être finalement capable de mieux gérer mes cycles du surdoué. Cela me prendra sûrement beaucoup de temps mais je serai être patient et persévérant. Effectivement mon désir de mieux-être est tellement plus fort que les bénéfices secondaires que je retire de la situation négative, que je pense pouvoir arriver à aussi adapter mes comportements.

J’étais inconscient de l’existence de mes cycles du surdoué ?

Tout d’abord je n’étais pas conscient de l’aspect cyclique, schématique, récurrent de ce problème. Ensuite j’étais à chaque fois pris par surprise par les changements de mon état physique et de bien-être intérieur. Je les subissais. Mon état d’esprit et mon état de santé changeaient brutalement sans prévenir. A force de me sentir mal j’ai décidé de chercher non plus à l’extérieur de moi (toutes les techniques et méthodes de bien-être) mais à l’intérieur de moi (par l’analyse). Ce n’est qu’avec l’habitude et l’observation que je vois les premiers signes de fatigue m’indiquant de lever le pied, les déclencheurs et les schémas. Tout cela est personnel à chacun.

Quels sont les (hypothétiques) bénéfices secondaires à ne pas mieux gérer mes cycles du surdoué ?

Pendant que j’y suis je me pose cette question. Intéressant de savoir pourquoi je préférais subir mes cycles du surdoué sans m’en rendre compte. J’étais un enfant plaintif et demandais inconsciemment de l’aide, de l’attention, de la consolation en me plaignant quand j’allais mal. Je cherchais à être sauvé par un prince charmant. Par contre je ne cherchais pas à ce que les autres fassent à ma place. Je cherchais plutôt à être soutenu, compris, entendu. Cela me donnait confiance en moi et m’aidait à me construire positivement. Je pense aussi qu’ainsi je faisais en sorte que les autres me mettent moins de pression en me disant “repose-toi, tu as bien travaillé”. Mais quand tout va bien personne ne nous encourage ou nous réconforte.

Subir mes cycles du surdoué a un rapport avec mon manque de confiance en moi !

Chaque fois que je me sentais bien et que je réussissais des choses je tombais malade et mon moral chutait. La confiance en moi que je construisais était démolie systématiquement. J’avais inconsciemment intégré que c’était une punition, celle d’avoir été meilleur que les autres. D’avoir voulu les dépasser et me faire remarquer, de vouloir trop bien faire les choses, d’être différent. Ou alors était-ce un combat en moi entre qui je suis vraiment et celui que je devais être dans cette société ? J’étais dans un cycle interminable de construction de ma confiance en moi et de remise en question. Je ne pouvais pas durablement construire ma confiance en moi car je me sentais extrêmement seul dans cette tâche.

Les cycles du surdoué et les cycles de la nature !

Je pense à une autre image à propos de ce sujet. Moi qui me plains du froid et du manque de soleil en hiver. Je prends l’exemple symbolique de la nature. En hiver la nature hiberne. La végétation perd ses feuilles, la sève se replie sous terre. De nombreux animaux passent aussi l’hiver sous terre et ceux qui ne le font pas migrent dans des régions plus clémentes. Le rythme de la nature ralentit en hiver. Mais l’humain est censé continuer à travailler au même rythme tout au long de l’année, être en forme et de bonne humeur. Comme la nature, nous avons le choix en hiver de profiter de ce temps pour nous replier, nous reposer avant la belle saison. Ou alors d’aller vivre dans des pays plus chauds et ensoleillés. Quand j’aurai plus d’argent je projette de suivre le soleil en hiver. Et je vous dirai si je suis encore sujet à la dépression hivernale et aux cycles du surdoué.

Les cycles du surdoué, un sujet hivernal !

J’espère que cet article aura pu vous aider, c’est un sujet d’actualité chez les zèbres en période hivernale. Je m’en rends compte en écoutant les surdoués dans mon entourage et aux réunions de surdoué.es auxquelles je me rends régulièrement.

Si cet article vous a plu, merci de le liker et de le partager pour aider d’autres personnes et faire connaître mon blog. Et si vous ne voulez manquer aucun article, abonnez-vous à mon blog.

Je vous souhaite une excellente journée ou nuit, prenez bien soin de vous. A la semaine prochaine dans un nouvel article.

Surdoué.e.s ou pas surdoué.e.s, remettons nous au centre de notre vie !

Cliquez ici pour lire l’article précédent sur l’essoufflement du surdoué et là pour lire l’article suivant sur l’équilibre du surdoué !

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Author: Raphael

2 thoughts on “Les cycles du surdoué !

  1. En fait à chaque fois que je me suis épuisée comme en ce moment un événement survient qui me demande encore plus d’effort, une personne autour de moi va mal et mon hypersensibilité me fait ressentir tout ce que les autres ressentent et ça m’épuise…..
    Je ne sais pas encore gérer ces périodes là même si je passe de longues heures à ne rien faire, juste à me reposer, j’ai l’impression de ne jamais récupérer.
    Pffff vivement que cette période se termine !
    Par contre j’ai souri sur tes périodes où tu avais besoin qu’on te plaigne et qu’on s’occupe de toi, je fais ça aussi !

    1. Bonjour Anne,
      J’ai compris que j’attirais le genre de personnes ayant des problèmes, se plaignant en attendant que je les aide et les écoute. J’ai appris à ne plus proposer mon aide à tous le monde sous prétexte que je sais faire. Ces personnes sont des esclavagistes et des fainéants. Ils sont parfaitement capables de se débrouiller seuls.
      Maintenant je suis plutôt entouré de personnes qui se débrouillent seules.
      J’aide les gens proches.
      Ça peut paraître catégorique, égoïste et on culpabilise ensuite. Ce n’est pas agréable au début et les amis vampires partent.
      Bonne journée.
      Raphael

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