Défi J50/100 La dyssynchronie sociale du surdoué !

La dyssynchronie sociale du surdoué

Temps de lecture estimé : entre 4 et 7 minutes.

Pour l’article du jour, je vous parlerai de la dyssynchronie interne, affective et émotionnelle entraînant une dyssynchronie sociale. Qu’est-ce donc que cela ? J’ai longtemps été sujet à ça et je commence à m’en sortir petit à petit. Bonjour et bienvenue sur mon blog surdoué ou pas surdoué. Je suis surdoué non testé et chaque jour, je m’apprivoise un peu plus et laisse tomber mes masques.

 

Pour commencer, mes trois points positifs pour aujourd’hui !

Mon petit rituel de chaque jour pour m’aider à voir ma vie de façon plus optimiste.

  1. Neige ce matin à Lyon, sympa de faire du vélo dessus. Ça ne glisse pas. Contrairement aux idées reçues.
  2. Je joue au chat et à la souris avec des personnes évitantes. Pour les étudier, me sentir à l’aise avec ce genre de personnes. Alors qu’avant ça avait le don de m’énerver.
  3. Aujourd’hui, je suis au 50ème jour de mon défi de 100 jours d’un article par jour sur mon blog surdoué ou pas surdoué, donc à la moitié. Ça se fête !?

Pensez à me rappeler de faire mes trois points positifs chaque jour, si vous voyez que j’ai oublié 😉 Faites une réclamation dans les commentaires ci-dessous.

 

Découverte de la dyssynchronie sociale !

Je suis toujours dans ma lecture du livre “Moi, surdoué(e) ?!” du psychothérapeute Hervé Magnin. Et j’ai lu un passage à propos d’une forme de dyssynchronie interne, en particulier du décalage entre le développement de l’intellect et le développement de l’affectivité et de l’émotivité. Pouvant entraîner une certaine dyssynchronie sociale. Je dois dire que ça m’a particulièrement interpellé. A mon avis parce que ça me permet de mettre des mots sur quelque chose de vécu, d’assez difficile à vivre pendant les 40 premières années de ma vie.

Qu’est que la dyssynchronie affective et émotionnelle ?

Je vais faire court, parce que je suis sûr que vous comprenez de quoi il s’agit, car vous captez rapidement. Alors c’est un décalage entre le développement intellectuel avancé, disons aussi en avance sur les autres. Et le développement affectif et émotionnel en retard par rapport au développement de l’intellect. L’intellect est en avance sur l’âge du surdoué. Et le développement de l’émotionnel est “en retard” par rapport à l’âge. Ça paraît un peu bizarre quand même, de se dire un peu en retard dans un domaine.

L’hypersensibilité à l’origine ?

D’après ce que je comprends et de mon point de vue, étant donné son hypersensibilité, le surdoué à tendance à éviter les relations sociales. Et ce faisant, entre autres, il ne fera pas assez d’expériences, ne se confrontera pas suffisamment aux relations avec d’autres personnes, aux situations sociales. Du coup, contrairement aux non surdoués qui se confrontent aux autres, il ne se socialisera pas assez. Ce qui accentuera le décalage social. Même s’il en a très envie et besoin, il peut en avoir peur et redouter d’être en relation avec les autres.

Une certaine immaturité relationnelle ?

Ainsi le surdoué pourra donner l’impression d’être immature. Autre chose peut y faire penser. Ayant une vie émotionnelle instable et foisonnante, voire explosive, il peut craindre de rentrer en relation et paraître bizarre, timide, différent, à part. Alors qu’il a une vie extrêmement riche intérieurement.

Vers une stratégie d’évitement ?

Alors que c’est aussi une façon de se protéger ou qu’il évite les relations par peur de ses réactions incontrôlables, ingérables. Il aura une tendance à l’évitement. Mais comme il a un fort désir de relations, il pourra osciller entre tentatives de rapprochement des personnes qui l’attirent et mise à distance de celles-ci. Il s’inscrit dans un cycle de rapprochement et d’éloignement des personnes. Piégé entre son désir de fusion et sa peur de perdre le contrôle.

 

En quoi la dyssynchronie sociale me concerne ?

J’ai toujours pensé, et ce jusqu’à plus de 40 ans, que j’étais nul en relations humaines. Je partais du constat que je n’avais pas réussi à conserver et entretenir des relations durables avec des personnes. Pensant que c’était de ma faute. J’avais aussi l’impression de ne pas comprendre les codes qui régissent les relations entre gens. Comment faire pour faire des rencontres, comment créer des liens, comment entretenir une relation ? Que ce soit en amour, en amitié, en famille, au travail …

Pourtant j’ai tout essayé !

C’est là que je vois que je suis persévérant. Je peux dire que j’ai tout essayé. Là aussi, en amour, en amitié, en famille, au travail … j’essayais de prendre pour modèles les autres. J’ai été sympa, gentil, j’ai fait le bête, été moi-même timide, extraverti, introverti, très sociable, authentique, menteur, manipulateur, ermite, social addict, bisounours, coopératif, j’ai joué perso en égoïste … Je pourrais finalement être acteur 😉

Et je me pliais en quatre !

Je voulais tellement que mes relations soient réussies et qu’on m’apprécie enfin que je voulais toujours faire plaisir aux autres. En étant serviable, poli, gentil, en rendant service autant que je le pouvais. J’ai donné beaucoup de moi, de mon temps, de mon énergie à aider de nombreuses personnes, en couple, famille (c’est normal), amis, collègues, patrons, voisins et même des inconnus. Je trouvais toujours du temps pour les autres alors que je n’en avais pas assez pour moi pour faire tout ce que je voulais. J’agis encore de cette manière, mais bien moins souvent. Je faisais passer les autres en priorité par rapport à moi. Ces derniers temps, je me disais souvent que je devais arrêter, que j’étais trop gentil. En faisant le bilan, j’ai eu peu de retour de ces personnes directement. Heureusement, je peux compter sur des personnes qui me donnent beaucoup, mes parents, ma sœur et quelques amis très proches qui me comprennent.

Le syndrome de l’infirmière, le rôle du sauveur !

En fait quand une personne se plaint de quelque chose, je ressens au fond de moi un appel au secours et que je peux l’aider. Et si je ne l’aide pas, je vais culpabiliser, car je sais faire et que je peux trouver du temps pour le faire. Aujourd’hui, je me sens soulagé quand j’ai un rendez-vous ou que je n’ai aucune compétence par rapport à ce que demande la personne, car cela me permet de refuser de l’aider sans culpabiliser. Et si j’ai les compétences et que je dis à la personne que je ne peux pas l’aider, je culpabilise et je dois trouver des justifications, je me justifie trop. Je ne sais pas refuser sans me justifier. Tout cela me met dans l’embarras.

 

Ma dyssynchronie sociale dans l’enfance !

Pour en revenir à la dyssynchronie sociale, émotionnelle, affective, tout ce que vous voulez autour de ça, en gros, je me sentais à part, différent. A chaque nouvelle rentrée scolaire, je pensais que j’allais devoir faire plein d’efforts pour être à l’aise avec mes camarades de classe et me faire apprécier. Je redoutais tout changement, toute nouveauté. Quand je dis ça, j’imagine que les normo-pensants, les non-surdoués ne se posent pas la question car “ça se fait tout seul (des amis)” ou “un de perdu dix de retrouvés”. Ou encore qu’ils sont contents de se faire plein de nouveaux amis. Je n’étais jamais naturel avec les autres, dans la rencontre et pendant la relation. Je me sentais instable intérieurement et j’avais peur de mes émotions, de mes réactions envers les gens.

Ma dyssynchronie sociale à l’adolescence !

Pendant toutes mes années de jeunesse, je me suis donc construit un masque, un faux-self. En apparence, j’étais quelqu’un d’autre acceptable aux yeux des autres. Je ne me permettais pas d’être vraiment moi-même, j’étais dans l’hyper-contrôle de mon être entier. Contrôle de mon image, de mes émotions, de mes sentiments, de ce que je laissais transparaître. Je comprends mieux pourquoi on m’a très souvent dit que j’étais mystérieux. On me disait aussi qu’on lisait en moi comme dans un livre ouvert, paradoxalement. Je contrôlais aussi ce que je disais aux autres, je ne pouvais pas tout leur dire. Je trouvais méchant ce que je pensais mais en fait, je vois aujourd’hui que c’était de la lucidité, la vérité que je voyais. Et les gens ne sont pas prêts à l’entendre.

Ma dyssynchronie sociale à l’âge de jeune adulte !

Je comprends ma timidité, mes malaises en société, dans mes relations. Je me mettais beaucoup de pression en pensant que je devais faire toute la relation et l’autre juste être là. Ça créait un déséquilibre dès le départ dans mes relations, cela m’épuisait. En même temps, comme je ne me sentais pas à l’aise avec les relations, je les évitais tout en souffrant de cela, car j’aurais tellement aimé être en relation sincère, partagée et intime. J’étais en déficit, ce qui a alimenté ma dépendance affective. Du coup je trouve que j’ai eu relativement peu d’expériences de relations, en amitié et au travail. Au travail, je peux considérer que j’ai vécu dans une grotte pendant 8 ans. J’ai pris un sérieux retard, déjà que j’en avais un. Ma peur des autres générait de plus en plus de retrait, de fuite, d’évitement, de maladresse dans mes relations.

Un monologue intérieur au lieu du dialogue à deux !

Et forcément, le fait de se poser plein de questions n’arrange rien au problème. Bien au contraire, ça embrouille pendant la relation de ressentir autant d’émotions. “Et si je ne lui plais pas. Est-ce que je suis bien coiffé ? J’ai rien à lui dire, je suis nul. On n’a rien en commun. Et si ça se passe mal, je vais me sentir pas bien. J’ai peur de bafouiller ou d’éternuer. Je me sens pas bien, je crois que j’ai choppé un truc … Mince la voilà qui part ou qu’un autre mieux que moi vient lui parler. Je suis vraiment nul, je n’y arriverai jamais …”

Je me sentais bien avec les “exclus”, les gens différents !

S’il y a des personnes que je trouvais sympa, bien ou belles, je peux dire que ce n’était finalement pas mes amis. Je fuyais ce qui m’attirait. Je dis carrément qu’en fait, je traînais avec les autres comme moi, les exclus, les derniers, les différents, les personnes handicapées, les étrangers, les pauvres, ceux au physique pas dans les normes, je me retrouvais en chacune de ces personnes. Je pense parallèlement que j’avais et que j’ai développé une profonde empathie pour tous ces exclus, je les comprenais. Avec eux je m’intégrais, je les intégrais facilement, je les réunissais, nous formions un groupe d’amis, de collègues, dans la même galère. Je me sentais bien avec eux, accepté, compris, pas jugé. Tout cela était accentué par le fait que je ne m’aimais pas et que je me trouvais moche.

Je me tenais à l’écart !

J’avais l’impression d’être nul en relations, de pas savoir comment m’y prendre, de ne pas connaître les codes, les mœurs, les usages, j’avais beau observer, je ne comprenais pas. Et si je voyais bien en fait, je n’acceptais pas que ça se passe ainsi. Surtout j’étais jaloux des personnes qui semblaient réussir leurs relations, ça leur semblait tellement facile. Je les enviais et les haïssais secrètement.

La dyssynchronie sociale du surdoué
La dyssynchronie sociale du surdoué !

Comment je fais désormais ?

Quand je vois une personne qui me plaît pour une raison ou pour une autre, charisme, beauté, travail, intérêts communs, passion commune … Avant, attiré par elle, je l’aurais à la fois regardée et fuie. Maintenant, je prends cette attirance comme une information qu’il faut que je la rencontre, parle avec elle, entre en contact. Je ne tourne pas autour du pot, je vais la voir et montre que je veux lui parler et le moment arrivé j’entame la conversation. Ça se passe en général très bien et je découvre des points communs avec elle. Je pose beaucoup de questions, c’est passionnant, je m’intéresse à elle. Je découvre que je me sens à l’aise dans les relations humaines et je commence à les apprécier. En même temps, je me rends compte que ça matche bien plus avec les personnes surdouées.

 

Pour finir !

Je suis loin du garçon timide et binoclard que j’étais avant et ça me donne confiance en moi. Je vois mon chemin parcouru et j’aimerais en connaître la recette. Y a plus qu’à décortiquer la crevette, elle est cuite à point.

Comment la dyssynchronie sociale, émotionnelle et affective vous parle ? Est-ce qu’on peut en arriver à bout ? Pensez-vous avoir eu ce problème dans votre vie ? Avez-vous pu changer de comportement ? Vous sentez-vous à l’aise dans vos relations ? Si vous voulez partager dans les commentaires ci-dessous, faites-vous plaisir !

Je vous souhaite une journée pleine de belles rencontres et vous dis à demain pour découvrir les rencontres de surdoués que j’ai faites aujourd’hui !

Et rappelez-vous, surdoués ou pas surdoués, reprenons confiance en nous prenant en main !

Cliquez ici pour voir l’article précédent.

Cliquez là pour lire l’article d’après.

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Author: Raphael

2 thoughts on “Défi J50/100 La dyssynchronie sociale du surdoué !

  1. Super article ! Je me retrouve beaucoup dans ce que tu dis 🙂 J’ai pas mal d’amis pour répondre à ta question mais très peu me connaisse entièrement car j’ai porté le masque du joyeux luron pendant des années. Encore aujourd’hui je fais passer les autres avant mes besoins. Dans les soirées, j’intègre les gens isolés au reste du groupe sans m’en rendre compte (en référence à l’attirance pour les exclus et le syndrome du sauveur).

    1. Bonjour et merci Franc pour votre message. On est quand même sympa d’intégrer les personnes exclues. Incorrigible je distribue de la nourriture que je récupère à des personnes qui dorment dans la rue.
      Bonne journée.
      Raphael

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