Défi J6/100 Coming-out de surdoué 1

Prendre des risques

Temps de lecture estimé : 4 à 7 minutes.

Bonjour et bienvenue sur mon blog surdoué ou pas surdoué. Je m’appelle Raphaël, j’ai découvert que je suis peut-être surdoué. Aujourd’hui, je vais vous parler de mon coming-out de surdoué. Au sixième jour de mon défi de 100 jours, de témoignage d’un surdoué qui apprend à se connaître.

Toute ma vie à me cacher !

J’ai passé plus de quarante années de ma vie, pendant toute mon enfance, mon adolescence, ma vie de jeune adulte et d’adulte, à me cacher des autres, qui j’étais vraiment, à me conformer, me sur adapter. Aujourd’hui, je ressens un grand besoin d’authenticité, d’être moi-même, de m’épanouir, de m’exprimer quand et comme j’en ai envie. Quand j’en parle dans mon entourage, ils me disent tous “attention, c’est la porte ouverte à tout et n’importe quoi !”. Mais de quoi les gens ont peur ? Je ne parle pas de devenir criminel, de faire du mal, d’être égoïste, d’écraser les autres. S’ils me connaissaient vraiment, ils comprendraient.

Les masques !

Mais personne ne peut vraiment me connaître, car j’ai porté des masques toute ma vie. Le plus grand étant celui de la peur. Je m’adaptais à chaque personne de mon entourage ayant un rôle différent dans la vie, parents, professeurs, collègues N+1 et N-1, voisins, amis … Et aussi à la personnalité des individus, déprimée, colérique, charismatique, ingénieuse, heureuse …

Le faux-self, les autres moi !

Je me sentais toujours dans le contrôle de moi-même, de mes émotions, de mes envies et de mes élans du coeur. Même physiquement, rien ne devait dépasser de mon enveloppe charnelle. Je vivais d’une drôle de façon mes “excentricités vestimentaires”. Si j’avais été moi-même, il est sûr que j’aurais pris beaucoup de place et que j’aurais gêné. “Déjà que j’étais limite”. Que ce soit dans mon entourage ou parmi des inconnus. Du coup, j’ai toujours fait très attention. J’était très précautionneux pour ne pas déranger, pour ne pas embêter, ne pas gêner, ne pas me faire remarquer. Alors j’ai développé des attitudes qui ne me correspondaient pas.

J’avais l’impression de n’avoir aucune personnalité !

J’avais l’impression de n’avoir aucune personnalité tellement je m’adaptais à chacun. D’ailleurs, on me l’a reproché souvent et je le croyais. Ça me rendait encore plus malheureux. Alors que je voyais les personnes fortes de caractère, rigides, toujours égales à elles-mêmes quel que soit son interlocuteur. Et je trouvais ça bien, je les enviais. Par contre, elles ne pouvaient pas forcément s’entendre avec tout le monde.

S’adapter, pourtant une richesse incroyable !

En y pensant bien, je trouve cette capacité d’adaptation formidable. Elle m’a permis d’être en contact avec des personnes de tout milieu, niveau social, origine, âge … Je peux être en relation sincère et profonde, même avec des personnes que je déteste, qui m’ont fait du mal, que je n’approuve pas. Quelle richesse. Je me rends compte que très peu de personnes sont capables de faire cela. Maintenant, je suis en équilibre par rapport à tout ça. Parfois je suis moi-même, d’autres fois je m’adapte. Je ne me sens pas toujours à l’aise en m’adaptant. Dans ce cas là, je me place comme observateur et je suis courtois.

Je me suis restreint !

Ça ne me ressemblait plus. J’étais devenu très timide, je m’exprimais peu, par peur qu’on me dise “tu es nul, c’est n’importe quoi”. Quand je parlais, j’avais besoin d’être dans une relation de confiance et de bienveillance, pour être sûr que mes paroles seraient acceptées. A me situer en dessous des gens de cette façon, en me rabaissant ainsi, je me suis empêché de grandir, toujours senti être un enfant. A cause de cela, je me suis empêché de m’épanouir. Et j’ai regretté mon inaction et mes non choix à force de me contrôler. J’avais trop peur du regard et des paroles des autres. Je décrypte la moindre émotion à travers les gestes, le regard, la voix, le visage, le comportement, les paroles. Et cela me gêne, me pollue. Car j’ai l’impression d’être une éponge et que c’est toujours de ma faute. Parce que je ne l’ai pas vu avant et n’ai rien fait pour arranger les choses.

Le parfait sauveur !

Je perçois dans chaque parole une tentative de culpabilisation, reproche, mécontentement, violence, regret, manipulation … Et comme j’ai tendance à vouloir réparer, trouver des solutions, même si je ne suis pas concerné, je propose mon aide. Pour ne pas dire, voler au secours, sauver les gens ou la situation. Je me fais piéger à chaque fois. Heureusement, maintenant, j’arrive à revenir vers la personne et dire que mon planning ne me le permet pas ou que si je l’aide au lieu de lui apprendre, elle reviendra sans arrêt me demander et que je ne veux pas ça. Je préfère même qu’elle se débrouille toute seule. Déjà qu’en aidant beaucoup autour de moi, je passais parfois pour quelqu’un d’égoïste quand j’exprimais un souhait. Eh bien maintenant, je vois les personnes aller vampiriser ailleurs très clairement !

La courtoisie !

N’allez pas croire que je suis devenu froid et avare. Je choisis à qui, quand et comment donner de l’aide. La courtoisie ne me prend que quelques secondes et fait énormément plaisir. Les personnes se sentent respectées. Cela me permet aussi d’améliorer ma relation à autrui, d’entrer en contact facilement. Et je peux aider plus de personnes dans une journée. Tenir la porte, laisser passer devant moi, partager, dire bonjour, au revoir, merci, excellente journée … avec le sourire, un regard bienveillant. C’est pour moi le minimum que je peux encore faire. Je garde mon énergie pour mes projets. Avant je me retrouvais à aider des gens que je ne connaissais pas pendant des heures ou des jours. J’ai eu assez peu de retour de leur part. Je veux bien aider, si c’est tout de suite et pour quelques minutes maximum. Je fais une exception pour ma famille proche.

La carapace !

Ce faux self m’a servi à me protéger, à la fois des autres et de moi-même. De mes émotions, que je n’arrivais pas à comprendre et à utiliser. Je me suis forgé une carapace épaisse de plusieurs couches, qu’il m’a fallu décrypter petit à petit et éplucher pour arrivée au cœur, à l’essentiel. Pour retrouver, découvrir mon vrai moi de surdoué, avec tout sa sensibilité, ses capacités, sa vivacité, son énergie. Je peux remercier cette carapace, ce comportement d’autoprotection que j’ai eu. Car je n’étais pas prêt à me lancer dans la vie. Je ne me connaissais pas suffisamment, ne m’acceptais pas et ne m’aimais pas. Je comprends pourquoi j’ai mis cela en place, c’était une prise de distance par rapport aux choses qui me touchaient trop. Par rapport aux autres, et au monde que je trouvais trop agressif, violent et individualiste.

Conserver une âme d’enfant !

Avec les enfants, j’arrive à être moi-même, joyeux, curieux, ouvert, professeur, expérimentateur … D’ailleurs tous les enfants m’adore et les adultes me comptent parmi les enfants. Il paraît que j’ai su garder mon âme d’enfant. Je la garderai toujours, c’est ma source inépuisable de vitalité et d’amour. Quand je suis malheureux, c’est l’enfant à l’intérieur de moi qui se meurt. Chaque fois que je recevais un coup, c’était mon enfant intérieur qui était blessé et qui souffrait. Je ressentais une tristesse sans fond, une grande détresse. Je vois chaque personne comme un enfant dans un corps d’adulte, forte à l’extérieur, dans le paraître, mais faible à l’intérieur, blessée si l’enfant est nié.

La dépendance affective et sexuelle !

Quand j’ai mal, je cherche désespérément à l’extérieur de moi de l’aide. A combler mes vides, mes manques, mes besoins, à l’aide de mes dépendances sexuelles et affectives, en amitié et en amour. Je tentais de m’accrocher à toutes les personnes en lesquelles je voyais mes sauveurs. Au début de chaque relation, tout allait bien. J’étais tellement heureux de trouver une personne qui m’écoute, me comprend, qui est là pour moi, que je m’engageais rapidement et définitivement. Comme un piège qui se refermait sur moi. Et les semaines suivantes, je me rendais compte que la personne n’était pas ce que je croyais. Ce cycle allait de plus en plus vite. J’étais littéralement aveuglé par la dépendance.

Aveuglé par la dépendance !

Par exemple, cela m’est arrivé très souvent en amour. Au début de la rencontre, je voyais la personne mince, bien foutue, belle. Et le mois d’après, je la trouvais grosse, moche, avec plein de défauts. Elle était complètement différente. Je ne comprenais pas ce qui se passait, ce que j’avais loupé. Et comme je m’étais engagé et que j’avais dit combien je me sentais bien avec elle, je la trouvais très bien pour moi, qu’elle correspondait à mon type. J’éprouvais un gros malaise à faire marche arrière et à dire que je m’étais trompé, que finalement ça ne marchait pas. Du coup, je tournais autour du pot pendant un certain temps. Je me détachais d’elle petit à petit et ne comprenais pas cela. Mais au bout d’un moment, la relation craquait violemment et je vivais tout cela comme le drame de ma vie, qui se reproduisait éternellement.

Prendre des risques
“Chaud coming-out de surdoué !”

Je suis différent !

Bref, je me suis éloigné de mon sujet, qui est mon coming-out de surdoué ! Oui, je ne veux plus revivre cela, je ne veux malheureusement plus m’engager. Et si je le fais encore, je veux me sentir capable et libre de dire non. Que ça ne marche pas et que je me suis trompé. A vrai dire, comme ce que tout le monde fait, si je regarde bien autour de moi. “Oui mais me direz-vous, si tout le monde faisait pareil ?”. Parole de non surdoué pour nous empêcher de nous épanouir ? Bref, je me connais, je ne serai et ne ferai définitivement jamais comme tout le monde.

Désir d’authenticité, d’intégrité, de congruence !

J’en reviens à mon désir d’authenticité. Je souhaite délaisser mes masques, mon faux-self au profit de l’épanouissement de mon être véritable. Je ressens très fort au plus profond de moi-même que j’ai quelque chose à apporter à ce monde et que si je ne le fais pas, je serais passé à côté de ma vie. Mais quoi faire ? Je me mets moins la pression depuis que je reconnais mes dons artistiques, ma créativité, ma sensibilité, mes compétences et que j’ai des projets. Cependant, il existe le bon usage des masques. L’essentiel est de savoir pourquoi utiliser tel masque au bon moment, savoir qui je suis vraiment à l’intérieur et savoir le retirer. Je pense qu’il y a des situations dans lesquelles le surdoué doit se protéger, se préserver.

Faire le choix d’incarner ma surdouance!

Quand je voyais une personne avoir des qualités que j’enviais, mais que je ne me permettais pas d’incarner, j’étais très jaloux. Je me renfermais vis à vis de cette personne et je lui en voulais. Désormais, je décide de vivre ces qualités convoitées. Chaleur, enthousiasme, charisme, communicant, généreux, rayonnant … Tout ce qui me fait envie. Je peux choisir mes valeurs, mes qualités. J’imagine que chaque être humain a à sa naissance le kit complet, avec toutes les qualités possibles et imaginables en fonction de ses capacités. Dommage, mais la vie étant ce qu’elle est, forge le petit d’homme, jusqu’au point d’en perdre son humanité arrivé à l’âge adulte et plus.

Mon coming-out de surdoué !

Bon, je vais m’arrêter là aujourd’hui, car je passe beaucoup de temps à rédiger des articles que je trouve et que vous trouvez peut-être trop longs. Même si c’est intéressant pour moi de faire cette analyse et que ça peut vous aider dans votre parcours. Je vais scinder en plusieurs parties mes sujets, car j’ai beaucoup trop à dire pour que cela tienne décemment dans un article par jour. Demain, je parlerai de mes expériences de coming-out de surdoué. Comment ça s’est passé quand j’ai commencé à parler de ma surdouance.

 

C’était Raphaël du blog surdoué ou pas surdoué je vous souhaite une journée resplendissante !

Et rappelez-vous, surdoués ou pas surdoués, reprenons confiance en nous prenant en main.

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Author: Raphael

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